‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 363 sur 460 · Mém..., XV · texte numérisé non relu

Mém..., XV

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on l'a fait) que le Commoniforium tout entier n'est au fond qu'un traité de polémique contre saint Augustin. Vincent de Lérins a eu des intentions beaucoup plus générales : il a voulu mettre entre les mains de l'Eglise une arme qui pût lui servir à jamais contre les hérétiques. Mais il est aussi fort probable qu'il a visé l'illustre docteur d'Hippone en plus d'une page, et qu'il s'est ingénié à faire comprendre à ses contemporains que le point de vue personnel d'Augustin demeurait en somme priuata opiniuncula (xxviii, 8) incapable de prévaloir contre l'antique unanimité de l'Eglise.

En 433 fut préposé comme abbé au monastère de Lérins Faustus, le futur évêque de Reji (= Riez, en Provence). Dans son de Gratia libri duo, dirigé contre le prêtre Lucidus, partisan du prédestinatianisme, Faustus devait adhérer pour l'essentiel aux idées de Cassien. Aussi le décret du Pseudo-Gélase range-t-il l'ouvrage, tout comme les œuvres de Cassien luimême, parmi les apocrypha. Ecrivain fécond, Faustus passait, au dire de Gennadius, pour un « docteur éminent ' », et nous possédons de lui un assez grand nombre d'écrits : l'attribution de quelques-uns prête à contestation ^

1. « Viua uoce egregius doctor et creditur et probatur. » (De Vir. ill., 1.XXXV1.)

a. Textes dans P.L., LVIII. — Le Corpus scrip. eccl. lat., t. XXI (1891, Engelbreght) comprend le de Gratia, le de Sp. sancto, douze Epistulae, dont deux adressées à Faustus, trente et un sermones. Restent à paraître les sermons édités par Gagny, P. 1647; l^s Tractatus édités par Pierre PiTHOu, p. i586; le Tractatus de Symbolo, édité par Gaspari (Alte u. neue Quellen zur Gesch. d. Taufsymbols, Christiana, 1879, P- ^^o)- I' Y a discussion sur l'authenticité de certains sermons (cf. dom Morin, R.Bén., IX, /jg; X, 6a), d'une lettre (ibid., VIII, 97) et sur l'identification de VAduersus Arianos et Macedonianos signalé par Gennadius (cf. dora Cabrol, R.Q.H., XLVII, 232). — Les lettres de Faustus figurent aussi dans M. G. H., VllI. — Traduction franc, de la lettre à Lucidus, dans l'Histoire de Boèce, par l'abbé Gervaise, P. 1716.

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