‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 366 sur 460 · Ep. ccxxv (parmi les lettres d'Augustin · texte numérisé non relu

Ep. ccxxv (parmi les lettres d'Augustin

PROSPER d'aquitaine 575

nation gratuite comme contraire au sentiment traditionnel de l'Église et même dangereuse au point de vue de l'édification. 11 le sollicitait d'éclairer par de nouvelles explications ces matières difficiles. On sait que, pressé de même par un autre laïc, Hilaire', saint Augustin leur adressa à l'un et à l'autre le de Praedestinatione sancloriim et le de Dono perseuerantiae.

Prosper entreprit alors d'expliquer à un de ses amis, Rufin, comment se posait le problème de la grâce (Ep, ad Rujinum de gratta et libero arbitrio^), puis il fonça sur les adversaires de saint Augustin (mort en 43o) avec une ardeur toujours renouvelée, sans se laisser intimider ni par le talent d'un Vincent de Lérins {Pro Augustino responsiones ad capitula obieciionum Vincentianaram), ni par le prestige d'un Cassien, modèle des ascètes {De gratta Dei et Itbero arbttrio liber contra Collatorem^). Son ouvrage le plus curieux, c'est le Ilepl àxapicîTcov, hoc est, de ingratts, en 1002 hexamètres. Il joue sur le double sens du mot ingralus, ingrat, contempteur de la grâce. Ce poème, où Guizot saluait « l'un des plus heureux essais de poésie philosophique qui aient été tentés dans le sein du christianisme* », est tout en discussions théologiques contre le semi-pélagianisme, héritier du pélagianisme. C'est dans la première partie que se placent les vers connus, et cités avec honneur par Bossuet dans son Sermon sur l'Unité de r Église, sur Rome qui « s'assujettit par l'autorité de la religion ce qu'elle ne pos-

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