‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 377 sur 460 · Ad EccL, I, X · texte numérisé non relu

Ad EccL, I, X

6. Un développement amorcé, VII, i, a, n'y figure pas non plus.

raccablcment de cette lugubre époque induisait à douter de la Providence. Puis au livre III il aborde la partie essentielle de sa thèse.

Si les chrétiens se plaignent, c'est sans doute qu'il leur semble qu'adorant le vrai Dieu ils devraient bénéficier d'une protection tutélaire. Mais en quoi consiste cette foi dont ils se prévalent pour réclamer comme leur dû un traitement d'exception ? Ne consiste-t-elle pas essentiellement à observer les commandements de Dieu ? — Salvien est arrivé là 011 il voulait en venir. Il va maintenant s'attacher à démontrer que, non seulement les maux dont les chrétiens souffrent n'accusent en rien la Providence, mais que si la Providence ne châtiait pas tant d'outrages journellement commis contre sa loi, c'est alors qu'il faudrait douter de la réalité de son action. Les crimes, les hontes, les scélératesses de la plebs romana ; voilà la cause directe de tant de calamités. « (Deus) ideo nos perferre haec mala patitur, quia meremur ut ista patiamur'. »

Il oppose ensuite, en un long tableau où abondent les traits pittoresques, les vices de la civilisation romaine aux qualités, mêlées de défauts sans doute, mais indiscutables, des peuplades victorieuses. Ce parallèle saisissant se poursuit jusqu'au bout de l'œuvre.

Aux Romains, il attribue toutes les difformités morales, l'ivrognerie, le mensonge, l'orgueil, le parjure. Proprium est Romanorum paene omnium malum ". Les Africains, il les juge pires encore : on dirait qu'ils sont la sentine où les turpitudes de l'univers entier sont venues se déverser.

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