Par ex. quelques strophes des hymnes i, ii, m
LE CATHEMERINON 6oi
classiques. « Un sentiment qui n'est pas chrétien, celui de la gloire humaine, un amour qui n'est pas chrétien, celui de l'art compris et recherché pour luimême, reparaît au fond de cette inspiration nouvelle, et le génie des temps qui vont disparaître se glisse insensiblement et se mêle, immortel malgré tout, dans celui des temps qui naissent'. » Ce grand effort n'est pas resté stérile. Prudence rencontre des développements heureux, des strophes d'un coloris vif et délicat, comme celle-ci, à propos des Saints Innocents, dans l'Hymne pour l'Epiphanie (v. i25 et s.) :
(< Salut, ô fleurs des martyrs, que, sur le seuil même de la lumière, le persécuteur du Christ a fauchées, comme la rafale les roses naissantes. — Premières victimes du Christ, tendre troupeau des immolés, au pied même de l'autel vous jouez innocemment avec la palme et les couronnes... »
Il faut reconnaître d'ailleurs que des accents aussi touchants et originaux ne se répètent guère dans ces hymnes. Pour une tentative aussi grandiose, il eût fallu à Prudence plus de souffle ; il lui eût fallu surtout un sentiment plus exact de la mesure, qui l'eût averti de ne pas faire des pièces si longues^ et de subordonner les diverses parties d'un même morceau à l'impression d'ensemble, au lieu d'obliger chaque développement à rendre tout ce qu'il croyait en pouvoir tirer.
Les mêmes défaillances de goût s'accusent d'une