I. A. PuECH, Prudence, p
a. La pièce la plus courte, la vni*, a 80 vers ; la xu" eo a 208.
6o2 PRUDENCE
façon quelquefois plus choquante encore dans le Perislephanon (= poème « sur les couronnes » [des martyrs]), dont l'idée première est pourtant si intéressante. On sait l'éminente dignité du martyr dans la primitive Église. Le mot de Pascal : « Je crois volontiers les histoires dont les témoins se font égorger* », résume une impression qui est de tous les temps. Aux yeux des premières générations chrétiennes, le martyr était l'image du parfait chrétien par la foi et par l'amour; il devenait digne, de la part de ses frères, d'une éternelle vénération, en tant que dépositaire privilégié des énergies de l'Esprit. Pour honorer les martyrs défunts, le christianisme s'appropria les usages funéraires traditionnels dans la société païenne, quitte à les modifier selon son propre idéal. Les corps des martyrs étaient déposés au milieu des tombes des simples fidèles, en dehors de la ville; et c'est là que se réunissait le peuple pour les commémoraisons accoutumées. Une fois la sécurité définitivement conquise, au IV* siècle, ces cérémonies furent entourées d'un plus vif éclat et prirent le caractère de véritables fêtes populaires. Sur tous les points du monde romain, les basiliques sortirent de terre. La célébration de la fête d'un grand nombre de martyrs tendit à franchir peu à peu les étroites limites où elle était primitivement confinée. Tel anniversaire, quasi-familial au début et propre à une communauté déterminée, devint presque œcuménique. L'usage s'établit d'invoquer les martyrs, de solliciter leur intercession. De leurs reliques, une puissance était censée émaner, qui apparais sait comme susceptible de se communiquer, et dont l'efficace se faisait sentir, soit pour les guérisons, soit