‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 39 sur 460 · CARACTÈRE PHILOLOGIQUE DU LATIN BIBLIQUE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE PHILOLOGIQUE DU LATIN BIBLIQUE

vulgarismes, que les dévots de Velegantla eussent proscrits, s'y glissèrent également *. Quantité de vieux mots authentiquement latins furent appelés à rendre des acceptions nouvelles S — notions morales jusqu'alors inexprimées, actes liturgiques, etc. D'autres furent forgés, d'une façon généralement assez conforme aux lois de la dérivation latine. Cicéron lui-

Et même, plus d'un tour d'origine prétendument hébraïque se rattache à la stylistique latine. La formule uanitas uanilatum, si ordinairement considérée comme un hébraïsme, n'est étrangère ni au grec classique ni même au latin : Sophocle, Œd. Col. i238, xaxà xaxôbv, Œd. R. /i65, apprit' àppt^TCov; Anlh. Pal., vu, 65, 'EWâbo;; 'EWàc, 'AQf^vat; cf. Varron, L. L, vu, 37, diuum deus ; Plante, Trin. 809 : uictor uictorum ; Capt. 835 : rex regum (de même, Horace, Ep. 1, i, 107); Pétrone, Trimalch., nummos nummorum. Le procédé remonterait d'après Pfister (B.ph.W., igii'i, iWg) à Gorgias et Prodicos. — Le génitif de qualité (iudex iniquitatis, filius caritatis, abominatio desolationis) non accompapagné d'un adjectif apparaît dans la prose profane depuis Apulée. — Pour le génitif d'apposition (type aeuitas temporis, cupiditates libidinum [nombreux exemples dans Sittl, Die lok. Verschied., d. lat. sprache, Erl. 1882, p. 92 et s.|), comp. des expressions grecques classiques comme •Ji?)|ua xaxoîo, 8Ûvî\ç Xéyoc,- Dans son ouvrage sur la Mathesis, Firmicus Maternus (non encore chrétien) écrit : temporis aetas, erroris confusio, artis disciplina, inalitiae improbilas. Cf. Kroll, Rh. M. t. LU (1897), 584 et WôLFFu», A.L. L., X (1898), 538. — Contre la thèse que l'ablatif de comparaison accompagné de a {maior ab illo) soit d'origine sémitique, le Thésaurus ling. lat. s'inscrit en faux (I, 89). Il cite des exemples de Pline l'Ancien, A.N., xviii, 126 : « alius usus praestantior ab lis non est » ; xxxv, 198 : « saxum utilius a sulphure ». Sittl (die lokalen Verschiedenh.) et WôLFFLiN (A.L.L., VII [1892], p. 471) y voyaient une imitation de la préposition hébraïque mîn. — Benedixisti benedictionein a aussi des analogues dans le latin archaïque : cenam cenare, Plauto (Rud. 507) ; messem nietere {Epid. 701); noxam nocere, Tite-Live (citant une ancienne formule [IX, ^' 9])- — Pour le tour morte moriemini, on peut comparer lace lucebit. Plante (Cure., I, m, 26) ; curriculo currere (Most. S/ig) ; Cicéron, occidione occidere (P/iiL, XIV, xxxvi) ; morte mori, .Salluste (//is<., III, xxv) : déjà Homère, Odyss., xi, liio : ax; ©âvov oxxxiaxoi ©avàxcp.

1. Des critiques comme Rônsgh ont grossi démesurément l'importance de cet élément. Cf. Corssen dans le Jahresb. de Bursian, t. CI (1899), p. 83. Pourtant les déclarations réitérées des écrivains ecclésiastiques ne permettent pas non plus de le réduire à l'excès.

2. Deuotio, aedificatio, transgressio, praeuaricatio, remissio, uocatio. conuersio, praedicatio, paenitentia, uirtutes (miracles), tentator (le démon); tingere (baptiser), absoluere (absoudre), etc. Le développement de la sémantique de certains de ces mots a prêté à d'intéressantes études. Il y a beaucoup encore à faire en ce sens.

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