CARACTÈRE PHILOLOGIQUE DU LATIN BIBLIQUE
même n'avait il pas revendiqué le droit d'imposer à de nouvelles idées des noms nouveaux, imponenda noua noiiis rébus nomina^ ? Comment les traducteurs se fussent-ils refusé les formations et les *" adaptations dont ils sentaient la nécessité? Le lexique romain, dont Lucrèce aA ait déploré la pauvreté (c( propter egesiaiem linguae... »), que Sénèque lui-même trouvait indigents s'enrichit d'apports surabondants, dont la variété composite déconcerta complètement les lettrés formés à Féclectisme sage des disciplines traditionnelles.
1. De Finibas, III, i- Saint Jérôme saura plus tard se prévaloir de ce passage et d'autres analogues pour justifier ses propres créations verbales, fort discrètes d'ailleurs. Comm. in Gai.. 1, 12 (P.L., xxvi, SaS) : « Si itaque hi qui disertes saeculi légère consueuerunt, coeperint nobis de nouitate et uilitate sermonis illudere, mittamus eos ad Ciceronis libros qui de quaestionibus philosophiae praenotantur, et uideant quanta ibi necessitate compulsus sit, tanta uerborum portenta proferre quae nunquam latini hominis auris audiuit, etc.. « « Et pourtant, ajoute Jérôme, quoique traduisant, non pas du grec, mais de l'hébreu, j'ai hasardé dans mes amples transpositions moins de nouveautés que Gicéron n'en a mises dans des opuscules de dimensions bien plus réduites. »
a. Ep. LVIII : « ... quanta uerborum nobis paupertas, immo egestas sit. »