Apoth., 42/1 et s
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de ses miracles (552-781). Il| déclare^ que] ceux qui nient le Christ seront en proie à la nuit éternelle, et cela lui donne l'occasion d'étudier la nature de l'âme, son origine, et les châtiments d'outre-tombe (782-951). Seul le Christ échappe à la mort : Prudence mène un dernier assaut contre le docétisme manichéen, et clôt son poème par une affirmation énergique de sa croyance en la résurrection.
V Hamartlgenia, en 966 hexamètres que précède une préface de 63 trimètres iambiques, traite d'une seule question, celle de l'origine du mal, à propos du dualisme gnostique de Marcion, qui esl interpellé presque dès le début. Prudence fait le procès du dualisme : qui admet deux dieux peut aussi bien en admettre des milliers. Le père du mal c'est Satan, corrupteur de l'homme et de la nature. Le poète donne à ce propos quelques spécimens des vices de son temps, et s'en prend avec une vigueur spéciale aux artifices de toilette dont usaient coupablement les femmes. — Pourquoi Dieu a-t-il permis le mal ? (687 et s.) :
« Si non uult Deus esse malum, cur non uetat? inquis. »
Parce que c'était l'unique moyen de laisser à l'activité humaine son libre choix entre le maître de la vie et le maître de la mort. Ce choix sera sanctionné par les rémunérations posthumes. La description que donne Prudence des tourments de l'enfer (824 et s.) et des joies du paradis est une des plus circonstanciées que nous ait léguées la littérature chrétienne des premiers siècles :
« Garpunt tormenta fouentque Materiem sine fine datam : mors desei'it ipsa ^Eternos gemilus, et fientes uiuere cogit. »
LES POÈMES DIDACTIQUES 6ll
11 exprime, en terminant, le vœu de ne mériter lui-même qu'un châtiment point trop rigoureux, si la (( lumière immense » lui est refusée.
Ces deux poèmes ne sont nullement négligeables. Assurément la doctrine y est peu originale. Quoiqu'il traite des problèmes auxquels son temps s'intéressait vivement, Prudence évite de se jeter dans la mêlée contemporaine. On a voulu y découvrir des allusions au priscillianisme ' : ces allusions seraient bien vagues ; puis, pourquoi Prudence aurait-il évité de désigner nommément Priscillien ? En réalité, il a préféré s'en prendre à des erreurs depuis longtemps classées et réfutées. Presque toute la substance de sa théologie lui vient de TertuUien, dont il a lu Vadaersus Marcionem, Vaduersus Praxean, le de Carne Christi, peut-être le de Patientia. — Là où Prudence reprend ses avantages, c'est dans l'exposition elle-même et dans les détails. Il a le goût des idées, le don de les exposer clairement et de les illustrer d'exemples significatifs. Il a la passion qui anime et colore tout, un attachement cordial aux croyances qu'il brûle de propager, tel un Lucrèce chrétien. Quantité de développements sont intéressants pour l'histoire des mœurs, et il n'est point jusqu'à sa mythologie poétique, à ce peuple de démons ennemis de l'homme dont il décrit les embûches, qui n'ait fait songer certains critiques, trop indulgents peut-être, aux peintures autrement puissantes d'un Dante ou d'un Milton.
Composés entre le printemps de /joa et l'été de 4o3,
I. KÛNSTLE, AiiLipriscilliana, Freib.-i.-B. igoS, p. 170 et s. Cf. BEncMA», éd. de la Psychomachia, p. xwm, qui est beaucoup moins afïirmatif que
KÙNSTLE.
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les deux livres Contre Symmaqae sont d'une vingtaine d'années postérieurs à la fameuse affaire dont nous avons raconté les péripéties'. M. A. Puech* est disposé à croire qu'il y aurait eu, peu avant 402, une nouvelle tentative de Symmaque ou de son parti pour arracher aux fils de Théodose la décision favorable obstinément refusée par leurs prédécesseurs. Au début du livre II, Prudence a l'air de dire que Voralor calas est revenu à la charge. L'allusion est toutefois assez peu explicite. Sans doute Prudence aperçut-il simplement dans cet épisode un thème historique intéressant dont il essaya d'exploiter la richesse.
L'ouvrage comprend deux livres. Le premier livre s'ouvre par une préface de 89 asclépiades où Prudence rappelle le naufrage de saint Paul sur les côtes de l'île de Malte, son heureux débarquement, et comment il sut rendre inoffensive la morsure d'une vipère : dans ce récit des Actes (xxviii), le poète aperçoit en raccourci le symbole des destinées du christianisme lui-même. Suivent 658 hexamètres où le poète célèbre le triomphe de la foi, en dépit de la vitalité que, grâce à certaines influences, le paganisme conserve encore. Théodose prononce un long discours pour sommer Rome de se détacher de ses dieux et d'adorer la croix. Au surplus, c'est au christianisme que vont toutes les promesses de l'avenir :
« Tournez vos regards vers le peuple : combien y en a-t-il qui ne s'éloignent avec dégoût de l'autel de Jupiter, infecté d'un sang impur? Tout ce peuple qui habite dans des chambres hautes, qui parcourt à pied les rues boueuses de la ville et qui se nourrit du pain qu'on lui distribue du haut des gradins, court visiter sur le mont A.ventin le tombeau où repose la cendre de Pierre, notre