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a. Op. cit., p. 195.
LES POÈMES DIDACTIQUES 6l3
père aimé ; ou bien il se porte en foule au palais du Latran, d'où il re\ient avec le saint Chrême et le caractère sacré du chrétien. Eh quoi 1 doutons-nous encore, ô Christ, que Rome vous soit consacrée et ait passé sous vos lois ?... ' »
Le premier livre se clôt sur un bel éloge de Symmaque, romani deciis eloquii, à l'égard de qui le poète observe, en cet ouvrage de polémique, les règles de la plus exacte courtoisie.
Dans la préface du second livre, en 66 glyconiques, Prudence invoque l'assistance du Christ, dont l'éloquence fut souveraine. Puis il développe en ii3i hexamètres une réfutation de la Relation de Symmaque, en s'inspirant de fort près de la réponse qu'y avait opposée saint Âmbroise.
L'ouvrage est intéressant à plus d'un titre. On y rencontre des traits vigoureux, dignes du réalisme puissant d'un Juvénal, par exemple quand Prudence raille les tardives unions des Vestales (II, 1080 et s.) :
« Vesta se dégoûte enfin de ces virginités sur le retour ; son service fini, son travail sacré accompli, la Vestale vieillie convole; elle quitte le foyer qu'elle a gardé pendant sa jeunesse ; elle porte au lit nuptial ses rides émérites et, nouvelle mariée dans une couche glacée, elle apprend à connaître de tièdes transports*. »
Mais l'aspect le plus curieux de l'ouvrage, c'est l'ardent patriotisme qui y respire et que le poète associe sans effort à ses croyances. Prudence a le respect et l'amour de Rome ; il accepte du même cœur qu'un Horace ou qu'un Virgile le dogme de son immortalité. Il vénère toutes les manifestations où la puissance romaine s'exprime, du moment qu'elles ne