Natale, IX
culières », par exemple, sur le repos accordé aux damnés pendant la nuit de la Résurrection • : il n'est guère d'authentiques Pères de l'Église chez qui on n'en puisse relever d'analogues. Prudence ne se pique pas de jouer au penseur original, et son unique vœu est de faire passer dans l'âme de ses lecteurs l'enthousiasme dont il est lui-même animé pour la commune croyance des fidèles. — Mais ce chantre des dogmes catholiques est en même temps un Romain de bonne souche, formé à l'école de Lucrèce, de Virgile, d'Horace, de Juvénal, et familiarisé, ce semble, avec la langue grecque elle-même. Il accepte, à condition de les épurer, toutes les fortes traditions romaines. Quoique passionné, il n'a rien d'un fanatique ni d'un iconoclaste. Il respecte les manifestations du génie romain, aussi bien dans l'art et dans la littérature que dans la vie civile et politique :
« O Sénateurs, s'écrie-t-il, lavez les marbres tachés du sang des victimes : que les statues, œuvres des grands artistes, se dressent blanches et pures. Ce sont là les plus beaux ornements de la patrie ; mais qu'un indigne usage ne souille plus désormais ces monuments d'un art trop longtemps détourné de son but '. »
Bentley l'appelait « Chris lianoram Mavo et Flaccus ». Virgile et Horace furent, en effet, ses modèles de prédilection : assez hardi novateur en matière, de créations verbales, son style est étroitement imité de la phraséologie virgilienne, et il a essayé de reproduire dans sa métrique, aux formes si variées, la souplesse technique, la dextérité dont Horace avait donné l'exemple. Il a beau s'écrier en parlant de lui-même : Audi poetam rusticum ^ ; ou déclarer que « l'amour