‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 397 sur 460 · Caihem., IX · texte numérisé non relu

Caihem., IX

LE COMMONITORIUM 62^

carrefours, les villages, çà et là tout le long des roules, on ne voit plus que mort, douleur, destruction, désastre, incendie et deuil : enfin la Gaule entière n'est qu'un bûcher fumant, n Ces vers du Commoni torium' d'Orientius laissent penser que le poète a dû être témoin de la grande misère de la Gaule, meurtrie par l'invasion dès les premières années du Y" siècle. Au début de sa Vie de saint Martin^, Fortunat cite Orientius après Juvencus et Sedulius, et avant Prudence, Paulin de Périgueux et Avitus. Des critiques scrupuleux se décident à l'identifier avec saint Orens, cet évêque d'Aucli ^ qui vers aSg, au nom de Théodoric, roi des Wisigoths de Toulouse, se serait présenté aux généraux romains Aetius et Littorius, pour solliciter d'eux la paix *.

Orientius, que les trois Vies recueillies par les Bollandistes font naître en Espagne, dut vivre en Gaule dans la première moitié du V^ siècle. Son Commonitorium est une exhortation en distiques élégiaques destinée à apprendre aux lecteurs (( quels moyens nous ouvrent les cieux et mettent la mort en fuite ». Sans dissimuler que lui-même s'est évadé à grand'peine du « bourbier de la sensualité », il veut faire servir à leur bien son expérience de la vie. Dans le premier livre, après avoir demandé au Christ, en une prière qui remplace l'antique invocation aux Muses, « le don de parler et celui de penser », il énumère les bienfaits de Dieu, recommande la loi de charité à l'égard du prochain, détaille les promesses de résurrection et d'immortalité, puis il passe à des précep-

Page 1