Acta Sanclorum, 1" mai, p
624 ORIENTIUS
tes de l'ordre pratique : se garer de la femme, « première cause du mal sur la terre », et dont la beauté trompeuse devient hideur avec les années : « Quand donc tu apercevras une jeune fille au beau visage et à l'allure agréable, détourne les yeux ou baisse la tête » ; se défendre aussi de l'envie, de la cupidité, aimer la paix. — Le deuxième livre enseigne le mépris de la louange, esquisse un portrait assez vivant de l'ivrogne qui perd sa dignité et son équilibre, découvre combien les honneurs apparaissent vains à l'approche de l'inévitable mort, prélude des formidables sentences divines.
Ce poème, ou plutôt ce sermon en vers (car le tour y est constamment oratoire) sur les vanités et les misères de ce monde, se lit facilement. Ce qui y manque le plus, c'est l'originalité de l'expression. 11 y a quelque vérité dans le jugement de Fauriel ', quand il s'étonne de « l'impuissance de la littérature ecclésiastique à s'élever à des formes simples et sévères, à des formes en harmonie avec son fond et son objet ». Si l'on ôte du poème d'Orientius, comme de bien d'autres productions de cette époque, ce que le poète doit à Virgile, à Ovide, à Horace, et même à Martial, à Catulle, à Juvénal, sans compter les poètes chrétiens, il ne lui reste guère que le mérite d'avoir aménagé cette marqueterie, et l'honneur de ses vigoureuses convictions.
Le Commonitorium ne nous est parvenu que dans deux manuscrits, un Aqaicinciensis [^= ms d'Anchin, près de Douai), actuellement perdu, qui ne contenait que le premier livre et a servi de base à l'édition de Martin-Antoine Delrio (Anvers, 1600) ; un Turonen-