‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 399 sur 460 · I. Hist. de la Gaule mérid., I, 43o · texte numérisé non relu

I. Hist. de la Gaule mérid., I, 43o

l'alethia 6a5

^Is, du X^ siècle, qui contient les deux livres et dont s'est servi dom Edmond Martène pour son édition de 1700. Volé à Tours par le fameux Libri, ce manuscrit fut vendu à lord Ashburnham ; grâce à Léopold Delisle, notre Bibliothèque Nationale l'a récupéré en 1888. Il annonce à la suite du Commonitorium ^ «vingt-quatre prières d'Orientius », mais il n'en donne que deux, en sénaires iambiques ; les strophes sont de trois vers avec un refrain de deux vers. Il est probable que ces pièces étaient destinées à un usage liturgique.

VAleihia, — ce titre est une transcription latine du grec rAXT)98ia. « la Vérité », — suit le récit de la Genèse depuis la création du monde jusqu'à la destruction de Sodome. Le premier livre (5^47 hcxam.) correspond aux trois premiers chapitres de la Genèse ; le second (558 hexam.) aux quatre chapitres qui suivent ; le troisième (789 hexam.) embrasse les chapitres VIII, 20 à XIX, 29. En dépit de quelques menues difficultés, on peut identifier ce poème avec celui que Gennadius (de Vir. ilL, lxi) attribue à un Victorinus ou Victorius, rhéteur de Marseille : l'unique manuscrit de VAlelhia^ donne comme auteur « Claudius Marins Victor, orator Masslliensis ». Victor est un lettré, familiarisé avec Lucrèce, Virgile, Ovide. Son objet, qu'il indique dans la Precatio initiale, est d'instruire la jeunesse, teneros formare aiilmos* : aussi élimine-t-il soigneusement les épisodes scabreux, comme

1. Il faut noter que ce titre n'est point fourni par les manuscrits qui •disent seulement S. Orienta uersus et Versus libri S. Orienta. Il remonte à un écrivain du Xl° s., Sigebert de Gembloux, et a été préféré par Delrio •et Martène.

a. Parisin. 7558, s. ix. (provient de Tours).

626 ORIENTIUS

celui des filles de Loth, et voile-t il les turpitudes de Sodome. C'est de la même intention pédagogique que procèdent les discussions qu'il esquisse sur certaines doctrines philosophiques comme l'atomisme et l'éternité de la matière', ou sur certaines pratiques comme l'astrologie ^ Tout en rendant hommage à son u sens vraiment chrétien et pieux », Gennadius déclare que Victor « n'a exprimé que des idées d'une assez mince valeur, parce que personne ne l'avait formé à l'intelligence des Écritures ». Il n'est pas impossible que Gennadius, avec les tendances qu'on lui connaît, en veuille un peu au laïc et au lettré qu'était Victor, pour avoir osé s'emparer de la Bible et opérer, tout en s'en excusant % nombre de transpositions dans les faits du récit sacré.

A la suite de VAlethia, figure dans le manuscrit un S. Paulini epigramma en 1 10 hexamètres : c'est ftn dialogue satirique sur les mœurs gallo-romaines — masculines et féminines — au début du V" siècle. L'auteur inconnu (on l'identifie quelquefois, par hypothèse, avec Paulin, évêque de Béziers [c. 400-419]), constate que les pires épreuves n'ont même pas réformé les vices de ses compatriotes*.

On voit à plein dans VEucharisiicos (616 hexa-

Page 1