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CHAPITRE II

Les premiers écrivains chrétiens de langue latine. Tertullien.

Bibliographie

I. — Tertullien : La question des manuscrits de Tertullien réclame un examen attentif. Ces manuscrits se divisent en deux familles :

A) L'Agobardinus, ainsi appelé du nom de son possesseur, Agobard, évêque de Lyon, mort en 840, qui le lit rédiger et le légua à l'église Saint-Etienne, à Lyon. Ce manuscrit se trouve à la Bibliothèque Nationale, à Paris (= Parisinus n' 1622, saec. IX). Actuellement il ne contient plus que 13 traités, à savoir : VAd Nationes, le de Prsescriptione, le Scorpiace, le de Testimonio Animae, le de Corona, le de Spectaculis, le de Idololatria, le de Censu animae (= de Anima), le de Oratione, le de Gnltu feminarum, VAd Uxorem, le de Exhort. CastUatis, et la moitié du de Carne Christi (jusqu'au S x, aux mots sed animae nostrae). Dans sa teneur originelle, il en contenait plusieurs autres, comme le prouve un Index très précieux qu'on lit à la page 2"'. Cet Index énumère vingt et un ouvrages, comme étant de Tertullien. La deuxième partie du manuscrit ayant été arrachée, il en est huit qui ont disparu : mutilation d'autant plus regrettable que sur ces huit traités, cinq ne se trouvent reproduits dans aucun autre manuscrit et sont totalement perdus : à savoir le de Spe Fidelium, le de Paradiso, le de Carne et Anima, le de Animae Submissione, le de Super stitione saecuH.

B) La deuxième famille se divise en deux groupes de manuscrits, l'un plus ancien, l'autre plus récent.

a) Le plus ancien groupe est représenté par le Montepessulanus

BIBLIOGRAPHIE DE ÏERTULLIEN 78

(bibliolh. municipale de Montpellier), xi' siècle, qui renferme sept traités, et le Paterniacensis (ms. de Payerne), aujourd'hui à Schlettstadt, très voisin du Montepessulanus et qui procède du même archétype. Le Paterniacensis contient neuf traités.

Deux autres manuscrits, V Hirsaugiensis (du monastère d'Hirschau, dans le Wurtemberg) et le Gorziensis (du monastère de Gorze, près de Metz), se rattachent au môme groupe. Ils sont l'un et l'autre perdus, et nous ne les connaissons que par les éditions de Beatus Rhenanus (Bàle, 1521 ; 1528; 1539).

b) Le groupe le plus récent est constitué par des manuscrits du XV" siècle, italiens pour la plupart ; Kroymann les ramène à deux archétypes qui se trouvent à Florence. Plusieurs traités, tels que Vad Martyras, le de Pallio, le de Fuga, ne se rencontrent que dans les manuscrits de ce groupe. Des deux archétypes, l'un se rattache au Montepessulanus, soit directement, soit plutôt par un intermédiaire ; l'autre à V Hirsaugiensis, par un intermédiaire, également perdu.

Enfin Kroymann croit que l'archétype d'où découlent le Montepessulanus, le Paterniacensis et V Hirsaugiensis devait se trouver à l'abbaye de Cluny. C'est un ancien catalogue (xii* s.) de la bibliothèque de Cluny qui l'a orienté vers celte hypothèse. Il suppose qu'un Corpus des œuvres de TertuUien avait du être constitué, indépendamment de celui que nous trouvons dans VAgobardinus. Et c'est de ce Corpus en deux volumes, conservé à Cluny, que procéderaient nos manuscrits.

Tel est l'état du texte dans les m'anuscrits de la deuxième famille, qu'il n'y a pas lieu d'espérer une édition tout à fait sûre des traités qui ne nous sont pas parvenus dans VAgobardinus. C'est là le point essentiel à retenir. — On notera aussi que trois traités, le de Baptismo, le de Jeiuniis et le de Pudicitia ne nous sont connus que par l'édition de Gagny (= Gangneius) et Mesnart, Paris, 1545.11s ne subsistent dans aucun manuscrit.

L'Apologeticum a eu, en raison de sa grande importance historique, une tradition manuscrite spéciale. Il figure seul dans dixneuf mss. Montfaucon en cite encore trois autres dans sa Bibliothèque des Bibliothèques. Par éliminations successives, les critiques sont arrivés à établir que le seul qui doive vraiment compter, c'est le Parisinm lai. 1623, du x» s. {= P).

Son rival est un certain Fuldensis (= F). Ce manuscrit, autrefois conservé à la bibliothèque deFulda, est perdu. Les premiers éditeurs de TertuUien l'ont ignoré. Un érudit belge, François de

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