‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 403 sur 460 · I. De Viris ill., lxxxiv · texte numérisé non relu

I. De Viris ill., lxxxiv

a. P.L , LUI, 788; C.V.. XI, p. ao.'S.

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posées par son ami * : de là, peut être, cette attribution erronée.

La principale œuvre de Dracontius, le de Laudibus Dei, n'a été intégralement publiée qu'en 1791, par le Jésuite Arevalo, d'après deux manuscrits de la Bibliothèque du Vatican, qui l'attribuent inexactement à saint Augustin. On n'en connaissait jusqu'alors que la partie relative à l'histoire de la création, VHexaemeron, détaché de très bonne heure de l'ensemble du poème, et qui fut, au VIP siècle, remanié et accru de 59 vers par Eugène II, évêque de Tolède.

Ces Laades Dei furent composées par Dracontius dans des circonstances assez tragiques. Avocat réputé de Carthage, air clarissimus , poète expert dans l'art d'exploiter les thèmes traditionnels de la rhétorique et de la mythologie (nous possédons de lui un certain nombre de pièces de circonstance, et même une « tragédie », VOrestes, en 974 hexamètres-), il eut le malheur de déplaire au roi des Vandales, Gonthamond (484-49^)' pour avoir exalté dans une de ses poésies un ennemi de son maître. Gonthamond confisqua ses biens et le fit jeter en prison.

Sous le titre de Satisfactlo ad Guthamundum, Dracontius essaya d'apitoyer son bourreau par l'humble aveu de sa faute, l'étalage de sa misère de reclus, et la promesse de célébrer les exploits du roi. Cette

I. Ep. IV, ut, et dans VEpitaphe de CI. Mamertus. a. C'est en réalité ua récit de forme épique.

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élégie en i53 distiques ne réussit pas à fléchir Gonthamond. C'est alors que Dracontius entreprit son grand poème didactique, en trois livres. Il y fait encore quelques allusions à son triste état : Quanto cecidi de culmine lapsus (III, 653), Me... catenarum Jerrato pondère pressiim {III, 721). Mais il s'élève audessus de ces considérations personnelles pour célébrer l'action de la grâce divine dans l'univers, où tout dépend des irae et des pia uota de Dieu (I, 10). Les descriptions, les morceaux didactiques — par exemple, au second chant, sur l'arianismeS sur l'origine du mal % au troisième chant, la critique du paganisme ^ — alternent avec des passages de caractère plutôt lyrique, des prières en forme d'hymnes*, des regrets sur son propre passé ^ La partie 011 il raconte l'œuvre des six jours est une des mieux venues. On a relevé de frappantes analogies entre le chant YIII du Paradis perdu de Milton et l'heureux développement oià Dracontius montre les émerveillements d'Adam devant le spectacle du Paradis terrestre, puis le désir qu'il éprouve d'une autre créature avec qui partager son bonheur \ Il y a de réelles beautés de détail dans ce poème, très apprécié au moyen-âge, et qui décèle la familiarité de Dracontius tant avec les poètes chrétiens qu'avec les poètes classiques.

De la vie de Sedulius nous ne savons presque rien.

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