III, 566 et s
SEDULIUS 633
Dans une dédicace en prose adressée au prêtre Macedonius, il nous apprend que, tandis qu'il usait infructueusement son temps dans les saeciilar'ia stiidia, la miséricorde divine l'a touché, et qu'elle l'a décidé à composer quelque ouvrage qui pût affermir ses lecteurs dans le bien, après les avoir attirés par le « miel » de la poésie, dont ils sont si avides. Selon une indication qui figure dans de bons manuscrits *, il aurait appris encore laïc la « philosophie » en Italie, et aurait composé ses ouvrages en Grèce à lépoque de Théodose II et de Valentinien III, c'est-àdire vers le milieu du V" siècle ^ Une mention flatteuse octroyée à Sedulius dans le décret du pseudo- Gélase de libris recipieadis ; le fait que son Paschale Carmen, trouvé dans ses papiers, fut recueilli et mis en ordre par Turcius Rufus Asterius, consul ordinaire en 494 ' : voilà des données qui ne permettent guère de doute sérieux sur l'époque oii il vécut.
« Tandis que les poètes profanes se plaisent à célébrer des fictions en termes pompeux et emphatiques, soit sous le masque tragique, soit dans la langue comique de Géta, ou dans tout autre genre de poésie ; tandis qu'ils ravivent le venin d'événements impies, qu'ils louent des forfaits et que, sans autre nécessité que la coutume, ils tracent sur le papyrus du INil des milliers de mensonges, moi qui suis habitué à chanter les Psaumes de David au son de l'instrument à dix cordes, pourquoi tairais-je les miracles éclatants de Jésus-Christ, notre Sauveur ? * »
a. L'auteur anonyme de la notule la donne comme puisée dans l'appendice ajouté au de Viris ill. de saint Jérôme par son disciple Paterius (?). S'il s'agit de Gennadius (le texte est évidemment gâté), il faut admettre que le paragraphe relatif à Sedulius serait tombé, car il ne figure pas dans le de Vir. ill. de cet auteur.
3. C'est ce qui résulte d'une mention que l'on relève dans les plu» anciens manuscrits de Sedulius. Cet Asterius est celui-là même qui fit une recension de Virgile (cf. la subscriptio célèbre du Codex Mediceus, 89, I, s. V, aujourd'hui à Florence).
h- Carmen Pascli,, I, v. 17-36. »
634 SEDULIUS
Saint Paul avait écrit dans la première Epltre aux Corinthiens (v, 7) : « Etenim Pascha nostrum immolatus est Christus. » C'est ce verset qui a suggéré à Sedulius le titre de son poème, Paschale Carmen. Son objet est de célébrer les hauts faits de la vie de Jésus, surtout ses miracles, non point simplement pour le plaisir de les décrire en vers, mais aussi pour en tirer les enseignements dogmatiques et moraux auxquels ils peuvent prêter. Sur ces cinq livres, écrits en hexamètres, le premier, qui est une sorte d'introduction, après un appel aux païens qui se voient conviés à abandonner leurs stériles erreurs *, traite, sans ménager de transitions, de quelques faits merveilleux de l'Ancien Testament ; les trois suivants racontent les prodiges du Christ, depuis sa naissance jusqu'à son entrée glorieuse à Jérusalem ; le cinquième commente, à l'aide de la rhétorique et de l'allégorie, les épisodes de la Passion. Sedulius s'appuie surtout sur saint Matthieu et sur saint Luc ; à partir du livre V, il contamine les données des quatre évangélistes. 11 a su profiter, à l'occasion, des commentaires autorisés, comme €eux de saint Ambroise et de saint Augustin. Il ne s'asservit point, d'ailleurs, à un décalque presque littéral du texte sacré. Il se permet de libres paraphrases, chaque fois qu'il y voit un avantage pour l'édification du lecteur.
Il prit plus tard la peine de transposer en prose son poème. Il intitula ce remaniement Opiis Paschale, pour le distinguer du Paschale Carmen. C'est son ami Maeedonius qui l'engagea à cette entreprise, afin qu'il pût réparer, ainsi qu'il l'explique dans sa préface, les