‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 405 sur 460 · I. v. 38 et s · texte numérisé non relu

I. v. 38 et s

SEDULIUS 635

omissions auxquelles l'avait obligé VangasUa melricae necessitatis •.

Gaston Boissicr, ayant eu jadis la curiosité de comparer VOpas Paschale au Paschnle Carmen '-, constatait que les vers de Sedulius sont beaucoup plus simples et plus aisés à comprendre que sa prose. Cette infériorité de VOpiis Paschale ne procède pas simplement de la difficulté de trouver des expressions nouvelles pour redire les mêmes choses ; elle tient à l'abus que fait Juvencus des termes de signification énergique pour exprimer les choses les plus simples'; et surtout à sa manie des périphrases qui, réfrénée par les lois du vers, se déploie librement en prose, souvent pour le plaisir puéril d'obtenir une « clausule » plus harmonieuse*. En somme, dans la poésie, l'imitation des poètes classiques, — de Virgile, modèle constamment étudié, — maintenait jusqu'à un certain point l'ancien langage, et même l'ancienne prosodie ^ Moins asservie à la tradition, la prose se laissait davantage pénétrer par le mauvais goût de l'époque.

I. L'analyse la plus exacte du poème est celle de Th. Mayr, Sludien za dem Paschale Carmen, thèse Munich, 191 G, p. 5-33. a. Revue de PhiloL, VI (1882). p. 28 et s.

3. Adorare consulalum, pour » célébrer un consulat » ; sabliinare conuiuium, pour <f honorer un festin de sa présence » ; etc...

4. L'aveugle-né demande à Jésus la lumière. Sedulius dit en vers : lumen pelere ; en prose : oculatac copiain claritatis postulare (IV, aia). A propos du massacre des Innocents, il écrit, dans le Paschale Carmen : ^< Haec laceros crines midato uertice rupit, | Illa gênas secuit » ; et dans l'Opns Paschale, IV, iî3 : « Haec effusam uultibus comam miseranda dilacerans crinalis damni foeditate nudum ceruicem sauciabat; illa madidas lacrimosis imbribus gênas unguiuni proteruitate sulcabat. » — Los clausules de Sedulius ont été étudiées par J. Camdel, thèse latine, Toulouse, 1904.

5. On relève d'ailleurs chez Sedulius quelques irrégularités prosodiques : brèves allongées au temps fort; longues abrégées au temps faible ; hiatus, etc.. Voir l'éd. de Huemeb, p. 39^.

Sedulius avait composé encore deux hymnes en Ihonneur du Christ, l'une de 55 distiques qui affectent la forme des iiersus echoici ou serpentini, les premiers mots de chaque hexamètre étant répétés dans la seconde partie du pentamètre'; l'autre, qui est abécédaire, en dimètres iambiques groupés par strophes de quatre vers. La liturgie catholique a emprunté à la seconde pièce quelques-unes de ses strophes, 1'^ solis ortiis cardine pour la fête de Noël ; VHostis Herodes impie pour l'Epiphanie.

Sidoine Apollinaire (C Sollias Modesias Apollinaris Sidonius) naquit à Lyon le 5 novembre koi ou 432, à une époque où la ville était toute romaine encore ; et il mourut vers 487, sujet d'un roi v^^isigoth. Nourri des fortes traditions de cette Rome dont il sentait vivement la majesté, et qu'il appelle domiciliam legurn, gymnasium litieraram, curiam dignitatam, uerticem mandi, patriam libertalis, unicam iotias inundi ciuiiatem-, il dut payer avec ses vers la longanimité des envahisseurs u au crâne parfumé de beurre rance ». La vie de ce grand personnage, un peu puéril dans ses jeux littéraires, mais si honnête et si bien intentionné, résume la destinée des meilleurs éléments de la noblesse gallo-romaine au Y* siècle, fidè-

I. Ex : Primas ad ima ruit magna de luce superbus : ) Sic homo, cum tumuit, primus ad ima ruit.

Page 1