‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 407 sur 460 · Carmen · texte numérisé non relu

Carmen

promises encore, quand, dans des circonstances que nous ignorons, il fut élu, en 471 ou 472, au siège épiscopal d'Arverna (ClermontFerrand). Son prestige social, ses talents d'écrivain, ses connaissances admi nistratives, et aussi sa grande piété (qui s'exprime souvent dans les Lettres), l'avaient désigné pour cette haute charge, aux applaudissements de l'épiscopat gallo-romain. 11 n'avait pas cherché cette promotion inattendue ; mais il ne se déroba à aucun de ses nouveaux devoirs, que les conjonctures politiques alourdirent redoutablement, 11 organisa la résistance contre l'arien Euric et ses Wisigoths qui, dès 47/4, avaient essayé d'envahir l'Auvergne. Mais la province leur fut livrée bientôt par un traité régulier auquel souscrivit l'empereur Népos. Fada est seruilus nostra pretUun secaritalls alienae, constatait mélancoliquement Sidoine ', qui éleva de courageuses protestations. Pour le punir, Euric le fit conduire à la forteresse de Livia, non loin de Carcassonne -, puis il se décida à le rendre à la liberté. Sidoine, dont les intérêts matériels se trouvaient très compromis, usa une fois de plus de son moyen familier pour adoucir les dispositions de son nouveau maître : le poème inséré dans la Lettre vni ne put déplaire à la vanité d'Euric. Sidoine dut se dire que d'un bout à l'autre de sa carrière, au prix de quelques abdications nécessaires, la littérature lui avait beaucoup servi.

Vingt-quatre poèmes, cent quarante-sept lettres en neuf livres, voilà de quoi se compose l'œuvre de Sidoine, si admirée des contemporains, du moyenâge, et dont la longue faveur ne s'est décolorée qu'au

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