LE FLÉCHISSEMENT DE LA CULTURE
1885 : Léo, pour les poésies ; Krusch, pour les œuvres en prose) : la critique y est très conservatrice, peut-être à l'excès (voy. Rey, dans Rev. de PhiloL, XXXI, 190). — Traduction française des poésies de Fortunat par Cli. Nisard et E. Rittier, Paris 1887 (collection Nisard) ; trad. de la Vie de sainte Radegonde, par R. Aigrain, p. 1910. Étude grammaticale sur Fortunat par A. Meneghetti, dans le Didaskaleion, 1916, p. 195-298; 1917, p. 1-166 (= La latinita di Venantio Fortunato, Turin, 1917).
N. B. — Les pièces mises sous le nom d'Amoenus dans P.L., LXI, 1075-1082, appartiennent à Prudence et à Fortunat. Cet Amoenus n'était sans doute qu'un excerpteur.
SOMMAIRE
I. Le fléchissement de la culture latine. — II. Avitus. — III. Ennodius. — IV. Venantius Fortunatus.
On sait à quel point les pressentiments douloureux qui étreignaient les cœurs lors de la première ruée des Vandales, des Alains et des Suèves, au début du Y" siècle, furent justifiés et même dépassés par les événements. Durant tout le siècle, des invasions torrentielles déferlèrent sur la Gaule, l'Italie, l'Espagne, l'Afrique même. Les richesses, les œuvres d'art, toutes les parures délicates des vies privilégiées, furent dispersées, dilapidées par des mains ignorantes et brutales ; et, chose plus dommageable encore, car ce n'était plus seulement une élite qui en devait souffrir, les institutions régulières furent entraînées dans la débâcle ou du moins gravement ébranlées. Les éco-