‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 414 sur 460 · SAINT AVIT · texte numérisé non relu

SAINT AVIT

666 hexamètres, adressé à sa sœur Fuscina, développe les thèmes ecclésiastiques sur les inconvénients du mariage et le bienfait de la virginité'. Là où Avitus a donné sa mesure, c'est dans les Libelli de spirilalis hisioriae gestis (lui-même indique ce titre dans une de ses lettres^), qu'on peut considérer comme le poème le plus remarquable que la Genèse ait inspiré au V* siècle. Le premier livre (325 vers) traite de l'origine du monde ; le second (423 vers), du péché originel ; le troisième (425 vers), du jugement de Dieu. Guizot a remarqué que ces trois chants forment un ensemble dont la forte contexture annonce le Paradis perdu K Suivent un quatrième livre sur le déluge (658 vers) et un cinquième sur le passage de la mer Rouge (721 vers). C'est Avitus lui-même qui publia l'ouvrage vers 507, sans avoir, affirme-t il, le loisir de le mettre au point. Il avoue qu'il avait songé à constituer un recueil de ses poésies, dont il avait écrit un nombre assez grand pour en former un volume d'une certaine importance ; mais le sac de Vienne en 5oo les lui fit perdre presque toutes *.

Une fois admis le principe de cette poésie qui traite les sujets spécifiquement chrétiens avec les procédés hérités des classiques, et dépouille, pour construire l'arche de Noé, le Pélion, le Pinde, l'Ossa et l'Atlas % il faut constater que les morceaux brillants et bien venus n'y manquent point. Dans la scène de la tentation, la montée lente de la curiosité perverse dans l'âme de la femme, les concessions frémissantes qui

1. Voir surtout le développement (v. i6/i et s.) : « ... Dominum passura cubilis 1 Seruit in obsceno tolerans conubia lecto. » a. Ep. XLiii.

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