‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 415 sur 460 · Hist. de la Civil, en France, II (i84o · texte numérisé non relu

Hist. de la Civil, en France, II (i84o

li. Voir le Prologue en prose à son frère Apollinaire, évêque de Valence. 5. Cf. de... Geslis, IV, 299 et s.

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l'acheminent à la faute complète, toutes ces nuances sont décrites avec une finesse psychologique trop rare dans ces essais d'écoliers vieillis. Le prédicateur de chasteté se laisse deviner dans les plaintes qu'il prête à son Adam :

(( Hélas ! c'est donc pour me perdre que cette femme fut unie à mon existence ! Celle que ton ordre m'a donnée pour compagne, c'est elle qui, vaincue elle-même, m'a vaincu par ses funestes conseils et m'a poussé à goûter le fruit qu'elle connaissait déjà... J'ai été crédule, mais c'est toi qui m'as rendu confiant, en me donnant le mariage, en formant ces nœuds pleins de charme. Heureux si j'avais consumé ma vie solilaire sans jamais connaître les liens de l'hyménée ! * »

Tout en exploitant librement l'antique Genèse, Avitus n'oublie pas le temps où il vit, et, aux douleurs d'Adam et d'Eve, il compare celles qu'endure leur triste postérité : les villes dévastées, les bouleversements sociaux, les calamités de l'invasion. « Il n'est plus de maux que ne commette ou n'endure ce monde, plein tout à la fois d'iniquités et de malheurs : sa ruine €st imminente, la mesure du crime est comble...- »

Avitus est un lettré, un scolasticus, comme on disait alors. 11 avait reçu les leçons du rhéteur Sapaudus, que Sidoine et Mamertus tenaient en haute estime. Il connaissait fort bien la grammaire ', et unissait dans une admiration presque égale Virgile et... Sidoine Apollinaire. Constamment préoccupé de bien écrire, il ne fait à la langue vulgaire que de rares concessions. Son style, raffiné et artificiel, précieux et coquet, fournit d'ailleurs un choix excellent d'exem-

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