‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 420 sur 460 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les Œuvres en prose.

La transmission du legs antique

BIBLIOGRAPHIE

I. — FuLGENCE DE RusPE. — P.L., t. LXV, rcproduil L. Mangeant, Paris 1684. Voir plus loin les notes.

II. — Salnt Césaihe d'Arles. — P.L., t. LXVII. Outre les sermons recueillis dans Migne sous le nom de Césaire, plusieurs figurent au tome XXXIX de la Patrologie latine dans l'appendice des sermons de saint Augustin (liste dressée par Paul Lejay, dans R.H.L.R., 1905, p. 184), Dom Morin a publié six sermons inédits dans R.Bén., XIII (1896), p. 97; quinze autres, ibid., XVI (1899), p. 241, 289 et 337. — Une partie des homélies de Césaire ont été traduites en français au xviii' s. par Dujat de Villeneuve, Paris 1760, 2 vol. in-12. Il manque une bonne étude sur la langue de Césaire : voir quelques observations de dom Morin dans les Mélanges Cabrières. Il sera parlé plus loin des écrits attribués à Césaire.

III. — BoÈcE. — Les œuvres de Boèce sont dans P.L., LXIII- LXIV. Le de Consolatione Philosophiae (523/4) a été édité par Peiper, Leipzig 1871. Traduction française de Oct. Cottreau, Paris 1889. Les Commentaria in Porphyrium (506/7) figurent dans C.V., t. XLVIII (1906, Schepss et Brandt). Éditions spéciales du de Arithmetica l. duo et des cinq livres de Musica par G. Friedlein, dans B.T. (1887) ; des deux livres In librum Arisfotelis de interpretatione^ par C. Meiser, dans B.T. (1897-1900); du Liber de diffinitione, par Th. Slangl (Tulliana et Mario-Victoriniana, Munich 1888) : en fait, ce dernier ouvrage est de Marius Victo-

66o BIBLIOGRAPHIE

rinus. Pour l'ordre chronologique, voir Brandt dans le Philologus, LXII(1903), p. 267-8.

IV. — Cassiodore. — Textes dans P.L., t. LXIX-LXX, qui reproduit avec quelques suppléments le bénédictin Garet (Rouen 1679). Le chapitre des Inst. diu. relatif à la grammaire figure dans les Gramm. latini de Keil, VII, 210-216 ; le chapitre relatif à la rhétorique, dans R.L.M., p. 495 et s. Mommsen a donné la Chronique dans les M.G.H.. XI (1894), p. 109-161; les Variae, ibid., XII (1894), avec la collaboration de Traube. — Un Compendium des Inst. diu., remontant au moyen-âge, a été publié par Lehmann, dans le Philologus, 1914/1916, p. 253 273, d'après le Vat. lat. 4955, s. xi. — Traddction du traité De l'Ame par Stéphane de Rouville. P. 1874; de YHistoria tripartita, par Loys Pianeus, P. 1568.

V. — Saint Grégoire de Tours. — Textes dans P.L., LXXI, 161-1118, et dans M.G.H., Scriptores rerum merouing., 1. 1 (Arndt» Krusch et Bonnet). Le liber de miraculis b. Thomae a été publié par Max Bonnet, Supplem, codicis apocryphi, 1 (L. 1883), p. 96- 132. — Traduction française de l'Historia Francorum, par H. Bordier, Paris 1859-1862 ; du même, le Livre des miracles et antres opuscules de Grégoire de Tours, 4 vol., Paris 1857-1865 (Société de l'Histoire de France).

VI. — Isidore de Séville. — Les œuvres d'Isidore de Séville figurent aux tomes LXXXI-LXXXIV de Migne, qui reproduit Arevalo (Rome, 1797-1803). Le tome LXXXI renferme des documents intéressants sur la vie et l'œuvre d'Isidore. — Editions spéciales du de Natura Rerum, par G. Becker, Berlin 1857, des Chronica et de l'Historia Gothorum par Mommsen, M.G.H., t. XI (1894), des Etymologiae ou Origines, par W. M. Lindsay, Oxford 1911 (avec des Indices commodes). — Dzialowsivi, Isidor u. Ildefons als Literarhistoriker, Munster i. W. 1898, a amélioré le texte du de Vir. illustribus, qu'il reproduit d'après Arevalo. — L'édition d'Arevalo-Migne reste précieuse à cause des commentaires qui y sont joints.

sommaire

1. Fulgence de Ruspe. — IL Saint Césaire d'Arles. — IIL Boèce, « le premier des Scolastiques ». — IV. Cassiodore. — V. Saint

FULGENCE DE RUSPE 66 I

Grégoire de Tours. Son œuvre hagiographique. L'Histoire des Francs. La culture de Grégoire. — VI. Saint Isidore de Séville. — VII. Conclusion.

La thèse qui identifie Claudius Gordianus Fulgentius, évêque de Ruspae, en Byzacène, avec le mythologue Fabius Planciades Fulgentius se fonde sur des raisons au moins spécieuses, tirées soit de certaines coïncidences biographiques, soit de certaines analogies de style '.

Du mythologue ^ nous possédons divers ouvrages, dont le plus connu est la Virgiliana continentia où le sens mystérieux de VEnéide, image supposée de la vie humaine, est mis en lumière grâce au procédé de l'exégèse allégorique. Les épisodes du poème y sont présentés comme autant de leçons déguisées, propres à faire aimer la vertu. — De l'évêque, nous savons qu'il naquit en 468 à Telepta, en Byzacène, d'une famille sénatoriale de Carthage, et qu'il mourut en 533. D'après sa Vie, rédigée par un de ses élèves en 533-534 ^ il aurait su le grec et l'aurait même parlé (§ iv-v). Il fut exilé avec plus de soixante évêques en Sardaigne par le roi Thrasamund, puis rappelé une première fois en 5i5, et définitivement en 52 3. Fidèle disciple de saint Augustin, dont il s'était assi-

I. Cf. G. Friebel, Fulgentius, der Mytholog nnd der Bischof (dans les Studien zur Gesch. u. Kullnr des Altertums, V, 1-2 [191 1]), qui indique la bibliographie, et fait dans sa préface l'historique de la question.

a. Ed. R. Helm, L. 1898. C'est Helm qui a amorcé, avec les meilleurs arguments, l'identification des deux Fulgences (Rli.M., LIV [1899J, p. iii-i34).

3. P.L., LXV, 117-150. — Notice d'Isidore de Séville, de Vir. ill.,\i\.

662 SAINT CÉSAIRE d' ARLES

mile la pensée, il combattit l'arianisme et le semipélagianisme dans une série d'ouvrages où le goût littéraire n'égale pas toujours la vigueur de la pensée religieuse {contra Arianos : de Trinitate ad Feliccm notarium ; de Veritate praedestinationis et gratiae Dei ad loannem et Venerium, etc.). Bossuet l'appelle « le plus grand théologien de son temps », ce qui ne signifie point que Fulgence fût un penseur original, mais qu'il s'était formé de la doctrine, d'après les ouvrages d'Augustin, l'idée la plus lucide et la plus sûre.

Césaire naquit en 470 sur le territoire de Chalonsur-Saône. Il entra dans le clergé de Chalon en A84, reçut à Arles l'enseignement du prêtre-rhéteur Julianus Pomerius * et succéda à Eone, l'évêque d'Arles, en 5o3. A deux reprises, en 5o5 et en 5i3. il fut compromis pour des raisons politiques auprès d'Alaric II, puis de Théodoric. Le rétablissement de la primatie des Gaules en faveur d'Arles, qu'il obtint du pape Symmaque (5i/i), accrut encore le prestige que lui conféraient ses dons personnels. Il mourut le 27 août 543 ^

Il est impossible de déterminer l'ordre de composition de ses œuvres ni de leur assigner des dates

ï. Ce Pomerius avait composé divers écrits (cf. Gennadius, S icviii) : son de Vita Contemplatiua est dans Migme, LIX, 4i5-520.

2. Notice de Gennadius, S xcvii. Vita Cesarii par son élève Cyprien de Toulon (P.L., LXVII, looi-iiai, et M. G. H., Script, rer. Meroving., III [1896], /i33-5oO. De ce Cyprien, s'est conservée une lettre adressée à Maxime de Genève (M.G.H., Epist. lu [1891], p. 434-436).

SAINT CÉSAIRE d'ARLES 663

précises. Nous possédons de lui une Régula ad Monachos ' et une Regala ad Virgines * (il avait fondé dans son diocèse un monastère de religieuses auquel était préposée sa propre sœur) ; trois Epistalae ; un Testamenlarn '. Divers autres opuscules lui sont encore attribués*. Mais le meilleur de son activité pastorale, c'est dans ses sermons que Gésaire le plaçait'. L'auteur de la Vita Caesarii nous apprend qu'il en expédiait un peu partout, en Gaule, en Italie, en Espagne. La critique lui en a restitué un bon nombre, égarés sous d'autres noms que le sien ou demeurés anonymes, et que certains tours favoris de style ont permis d'identifier.

L'éloquence de Gésaire est une éloquence familière et vivante, tout entière tournée vers la pratique, même quand elle aborde la haute spéculation. Il utilise largement les homélistes, ses devanciers. Il transcrit des morceaux ou même des pages d'Origène, de saint Augustin, de Fulgence, de Fauste de Riez, mais avec des adaptations et des raccourcis où se décèle la préoccupation de ne pas déconcerter les auditoires en

Page 1