Ed. Gilbert, I, p. 3g, maxime ai
but de toute créature. Nous y entendons tour à tour les échos d'Aristote, de Platon, de Sénèque, de Clcéron, de TibuUe même et de Virgile; bien d'autres réminiscences viennent se fondre dans la Consolatio, sans disparates fâcheux, parce que Boèce les ajuste savamment à un ensemble qui n'est qu'à lui.
Cette dialectique idéaliste ne s'appuie nulle part sur les Écritures, et le nom du Christ n'y apparaît point. C'est uniquement d'après les données rationnelles que Boèce construit son argumentation. On s'en est étonné, au point de contester qu'il ait été chrétien '. Une difficulté, toutefois, contrariait cette interprétation : plusieurs traités de théologie catholique nous sont venus sous le nom de Boèce. Fallait-il lui en dénier la paternité? Certains critiques ne reculaient point devant ce retranchement. Mais l'hypothèse s'est décelée chimérique, depuis qu'Alfred Holder* a trouvé à la fin d'un manuscrit du X^ siècle, provenant de Reichenau, et qui appartient à la bibliothèque de Carlsruhe, un extrait 011 Cassiodore attribue nommément à son parent et ami Boèce le de Sancta Trinitate, des Capila dogmatica, et le Liber contra Nestorium. Le débat est donc clos : Boèce était chrétien. Ne le comparons, comme le fait Gaston Boissier ', ni au Tertullien du de Anima, ni à Minucius Félix, ni à Ausone : les analogies seraient superficielles. Avec Boissier lui-même, plus heureusement inspiré cette fois, comparons-le plutôt au saint Augustin des traités composés à Cassiciacum : si profondément convaincu qu'il pût être des vérités de la foi, Boèce s'est reconnu
I. Cf. sur cette question A. Hildebrand, B. nnd seine Stellung zum Chrittentum, Regeusb. i885; G. Boissier, Journal des Sav., 1889, 449.
a. Cf. Usener, Anecdotum Holderi, ein Beilrag zar Gesch. Roms in ostgoiischer Zeit, Bonn 1877, IV, i4.