Ibid
Chronique de Ravenne et celle de saint Jérôme ' ; une Histoire des Goths {de Origine actibusque Getoram) écrite entre 526 et 533 sur l'ordre de Théodoric (l'original est perdu et nous n'en pouvons prendre quelque idée que par les Geiica de Jordanis, qui s'en est largement servi -) ; douze livres de Variae, soit 468 pièces de caractère officiel, libellées en un style grandiloquent, fleuri et vague, qui devint un modèle pour les chancelleries du moyen-âge : la dernière en date est de 527 ; un de Anima où se reflètent les idées de saint Augustin et de Claudius Mamertus.
Dans sa retraite de Vivarium, il écrivit, avec l'aide d'un collaborateur, le scolasticus Epiphane, son Historia ti'iparlita, où il compile assez maladroitement les histoires de Socrate, de Sozomène et deThéodoret; et une traduction des Antiquités juives de Josèphe qu'il qualifie avec quelque exagération àepaene secundus Liuius. 11 y faut ajouter un commentaire verbeux sur les Psaumes, les Complexiones in Psalmos.
L'ouvrage auquel sa meilleure réputation est restée attachée, ce sont les Institutiones diuinarum et saecularium litterarum en deux livres '. Le premier livre traite de la lecture sacrée, c'est-à-dire de l'étude de la Bible. La pleine intelligence des Livres saints, tel est le but où tendait Cassiodore et dont il voulait aider ses moines à se rapprocher. Il leur apprenait que la simple lecture des textes canoniques ne suffît point pour en
1. Pour la survie de cette Chronique au moyen-âge, cf. Paul Lehma.i«n, Cassiodorstudien, dans Philologus, LXXl (1912), p. 278-281.
2. CEuvres de Jordanis dans M. G. H., V, i (188a, Mommsen), Traduction française par A. Savagnier, dans la collection Pakckoucke, t. lxxi (18/42), et dans la collection Nisard.
3. Telle est la forme la plus authentique du titre, d'après V. Mortkt, R.ph. XXIV (1900), p. io3-iio. L'ouvrage a dû être composé vers le milieu du VI' siècle, en 543-4 selon Franz, Ebert, Mortet ; en 543-555, selon Mommsen. Lehmann, Philologus, 191 2, p. 390, ne croit pas que les Instit. diu. aient pu être terminées avant 55i-56ï.
pénétrer tout le sens, et que les sciences profanes, géographie, grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, musique, géométrie, astronomie, y coopèrent puissamment'. Il les exhortait aussi à copier les manuscrits des Écritures avec un soin digne d'une pareille tâche, renouvelant le conseil que déjà saint Martin avait donné cent cinquante ans auparavant aux cénobites du monastère de Tours % et il marquait les prudentes limites dans lesquelles devait, par respect pour la parole divine, se renfermer le goût des corrections textuelles, dût la grammaire ou la stylistique pâtir de cette réserve. Une bibliothèque achetée à grands frais et conservée dans neuf armaria, leur fournissait tous les secours nécessaires \ A ceux qui ne se sentaient pas d'aptitude aux travaux littéraires, il recommandait l'agriculture et l'art des jardins, en leur signalant le secours qu'ils pourraient trouver chez certains spécialistes anciens, Gargilius Martialis, Columella, ^milianus Macer. — Le second livre des Institiitiones comprend sept chapitres, autant que d'arts (( libéraux », dont Cassiodore résume la méthode et les préceptes d'après les théoriciens de l'antiquité et quelques auteurs chrétiens, comme saint Augustin et Boèce.
Le de Orthographia, composé par Cassiodore à l'âge de quatre-vingt-treize ans, complète les Institationes en donnant des règles pour l'art d'écrire et de ponctuer correctement.
Nous avons déjà signalé' la fécondité des initiatives de Cassiodore sous le rapport de la conservation