‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 430 sur 460 · I. I, XXV et s. (P.L.. LXX, iiSg · texte numérisé non relu

I. I, XXV et s. (P.L.. LXX, iiSg

a. Sulp.-Sévère, Vita S' Martini, vu.

3. Pour le contenu probable de cette bibliothèque, voy. Olleris, Ca%siodore conservateur des livres de l'Antiquité latine, P. i84i, p. 54-68 j A. Franz, M. Aurelius Cassiodorus senator, Breslau 187», p. So-ga.

des lettres antiques. Il communiquait à ses moines le goût du travail intellectuel ; il leur fournissait des livres et leur apprenait à en tirer profit ; tout en coordonnant à l'exégèse de la Bible les recherches méthodiques auxquelles il les conviait, — point de vue un peu exclusif qui était déjà celui des Pères du IV* siècle, — il se gardait de tout anathème contre les écrivains païens et leur faisait de nombreux emprunts. Il fondait ainsi une tradition laborieuse et éclectique qui devait se renouer après lui, et qui lui assure l'éternelle reconnaissance de la civilisation occidentale.

En outre, sous son impulsion, quelques-uns de ses amis se dévouaient pour faire passer en latin un choix d'œuvres grecques. Un certain Mutianus traduisit les Homélies de saint Jean Ghrysostome sur VEpltre aux Hébreux ' ; Denys le Petit s'attaqua à une série d'écrits grecs importants, surtout dans le domaine du droit canonique* ; Bellator transposa les Homélies d'Origène ^ ; Epiphane le Scolastique prit pour son lot Socrate, Sozomène, Tliéodoret et une compilation oii il crut reconnaître, mais à tort, un commentaire de Didyme sur les Epîtres catholiques *. La traduction des Hypolyposes de Clément d'Alexandrie est probablement sortie du même groupe lettré ', dont Cassiodore était l'âme et auquel il soufflait son ardeur laborieuse. C'était la dernière fois que la culture grecque, bientôt vouée en Occident à l'oubli, provoquait ainsi le zèle d'une élite.

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