‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 55 sur 460 · I. Voir P. DE LiBaiOLLE, la Crise monlanista, p. 46i et s · texte numérisé non relu

I. Voir P. DE LiBaiOLLE, la Crise monlanista, p. 46i et s

dut jamais être fort dense. On ne se donne pas les airs d'aimer la vérité avec une « élite )) ; on ne raille pas (( la vaniteuse cohue des Psychiques' » ; on ne cite pas orgueilleusement le multi aocat'i, panel electi (Matth. , XXII, i4), quand on a le réconfort de compter autour de soi des rangs pressés d'adhérents.

Le peu que nous savons de l'histoire ultérieure de ce groupe en Afrique, c'est saint Augustin qui nous le fait connaître, au chapitre lxxxvi de son de Haeresibas. Il nous y apprend : i° que Tertullien ne tarda pas à se brouiller avec la secte montaniste et propagea, dès lors, (( ses conventicules particuliers » ; 2° que les (( Tertullianistes » — tel fut le nom sous lequel on désigna ses fidèles — durèrent à Carthage jusqu'à l'époque d'Augustin ; qu'ils y possédaient même une basilique ; 3" qu'Augustin eut avec les derniers tenants du parti un colloque à la suite duquel ils se réconcilièrent avec l'Église et remirent aux catholiques leur basilique.

Pourquoi douter d'un témoignage aussi précis et aussi autorisé ? Caractère intraitable, toujours disposé à morigéner autrui, aigri de plus par des luttes sans merci, par la perte de son ancienne autorité, par le sourd remords de ses propres incohérences, il est naturel que Tertullien n'ait pas réussi à maintenir sous sa férule tous ses adeptes de la première heure et qu'il se soit séparé d'eux avec une poignée d'irréductibles. D'ailleurs Augustin, ayant pris contact avec les « tertullianistes » de son temps, avait pu et dû les questionner sur leurs origines. Notons aussi qu'il

1. Êtres grossiers, charnels. C'est par ce mot, emprunté au vocabulaire de saint Paul, que les montanistes désignaient ceux des catholiques qui ne voulaient rien savoir de leurs apocalypses. Voy. P. de Labriolle, la Crise mont., p. iSg et s.

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