‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 83 sur 460 · Par ex. pour le S xv · texte numérisé non relu

Par ex. pour le S xv

LA PASSION DE PERPÉTUE ET DE FÉLICITÉ l/t3

nisme dans les passages explicitement attribués à Perpétue et Saturus. C'est ainsi que l'on fait état des quatre visions de Perpétue et de celle que raconte aussi Saturus. Mais en quoi les visions étaient-elles un phénomène spécifiquement montaniste ? Bien rares dans l'antiquité (je dis : la païenne aussi bien que la chrétienne) étaient ceux qui mettaient en doute la valeur religieuse de tels avertissements.

Le cas du rédacteur est assez diflerent. Je crois qu'on peut hardiment l'identifier avec TertuUien, et cela pour des raisons d'ordre surtout philologique. C'est son style, c'est sa langue, ce sont ses mots '. Le montanisant non encore déclaré, mais déjà en pleine effervescence religieuse, s'y trahit également (le texte a dû être rédigé peu après 202/3, date du supplice des martyrs).

Quel but poursuit-il dans le double « avertissement » par lequel s'ouvre et se clôt la Passion? Il veut démontrer que l'activité de l'Esprit-Saint ne s'est nullement ralentie ; que sa « vertu » demeure permanente ; que Dieu continue de réaliser ses promesses, (( témoignages pour les infidèles, faveurs pour ceux qui croient ». Seule une foi débile, une foi aux abois {imbecillitas aut desperatio fidei) peut s'imaginer que la grâce divine n'ait habité que chez les « anciens » et que les temps présents en soient frustrés. C'est donc un devoir de piété et un sûr moyen d'édification, que de classer par écrit {digerere) les grâces récemment recueillies, tout comme l'ont été jadis, au berceau du christianisme, les « antiques exemples de la foi ». — Rien de plus correct qu'une telle préoccupation.

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