Cf. p. DE Labriolle, la Crise Montaniste, p. S^d-SSi
l^^ TERTULLIEN
Mais il y a autre chose encore dans ce prologue. Aux yeux de son auteur, jamais le débordement de charismes n'a été aussi abondant : il y a une exaperatio gratiae, et cela parce que la fin du monde est toute proche et que Dieu, par la bouche de son prophète Joël, a promis pour les derniers jours une « effusion » de son Esprit « sur toute chair ».
Ce qui est plus inquiétant encore, c'est que le rédacteur (disons : TertuUien) exprime la prétention de faire entrer dans V instriimentum Ecclesiae les visions récentes et aussi les « prophéties nouvelles » . Instramentum, dans la langue juridique, signifiait tout document faisant foi, toute preuve écrite. C'est évidemment en ce sens qu'il prend ici le mot. Mais si l'on songe que, par instrument um, TertuUien entend très ordinairement le Corpus scripturaire, on doit relever là une équivoque sous le couvert de laquelle de fâcheuses confusions pouvaient s'accréditer.
Cette Passion, déjà fort attachante par elle-même, le devient davantage encore en tant qu'elle nous révèle l'état d'esprit de TertuUien, dans la première phase de son adhésion au montanisme.