Fin du paganisme, I, a8/i
a. Octavius, xvni, lo.
LA VALEUR P.ELIGIEUSE DE l'oCTAVIUS iSy
meut chrétienne reparaît ailleurs. G. Boissier luimême s'en est aperçu, puisqu'il renvoie son lecteur au chapitre xxxv, 4. où Dieu est appelé : parenlem omnium et omnium domlmwi. 11 aurait pu choisir un passage bien plus significatif (xxxi, 8). « Chose qui vous afflige, dit Octavius à son interlocuteur, nous nous aimons d'une affection mutuelle, parce que nous ne savons pas haïr ; ainsi encore, et cela vous fait envie, nous nous appelons « frères » comme étant fils d'un seul Dieu, notre père {ut unius Dei parentis homines), comme participants à la même foi, comme cohéritiers de la même espérance. »
Il n'y a donc pas lieu d'insister.
6) Un second grief de plus de portée, c'est la façon détournée, ambiguë, presque équivoque dont Octavius fait allusion au Christ : « Vous attribuez, dit-il, à notre religion le culte d'un malfaiteur et de sa croix ; mais vous errez bien loin de la vérité, en supposant qu'un malfaiteur ait mérité de passer pour un Dieu ou qu'un être terrestre ait pu passer pour tel. Assurément celui-là est digne de pitié, dont tout l'espoir repose sur un homme sujet à la mort : car tout appui cesse pour lui avec la mort de cet homme, etc. '. » Un des éditeurs de VOclauius, Baehrens -, a cru voir dans ce passage une négation manifeste de la divinité du Christ. L'idée qui s'en dégage me paraît, au contraire, celle-ci : soyez sûrs que nous ne sommes pas gens à adorer un homme et surtout un malfaiteur ; notre espoir repose sur autre chose que sur l'éphémère et sur le périssable. En transposant la phrase au positif, on en pourrait presque tirer une
t. XXIX, 9 ; cf. IX, Ix.