‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 89 sur 460 · Éd. Teubner, 1886, p. xi · texte numérisé non relu

Éd. Teubner, 1886, p. xi

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affirmation de la vertu, de l'immortalité divine du Christ. — Mais il faut bien accorder à M. Boissier qu'on attendrait autre chose a qu'une phrase brève et obscure ' » sur un tel sujet : « Gomment peut-il se faire, s'écrie M. Boissier, que dans une apologie du christianisme, il n'ait pas voulu prononcer le nom du Christ ? » Cela est surprenant, en effet : rappelonsnous pourtant — fait trop souvent ignoré — que, parmi les apologistes du ii^ siècle, Aristide, saint Justin et Tertullien sont les seuls qui aient prononcé le nom de Jésus-Christ.

c) On trouve de même qu'en plusieurs endroits de VOctauius la doctrine de la grâce semble ou ignorée ou contredite. Ecoutons encore G. Boissier^ : u Pour répondre aux plaisanteries de son adversaire qui se moque de ces ignorants, de ces gens de rien, qui osent disputer sur Dieu et sur le monde, Octavius lui dit : « Sachez que tous les hommes sans distinction d'âge, de sexe, de position, sont capables de raison et de bon sens et qu'ils peuvent arriver d'eux-mêmes à la sagesse. » Si la nature les y conduit toute seule, s'ils n'ont pas besoin de l'aide de Dieu pour l'obtenir, que devient la nécessité de la grâce? 11 ajoute, un peu plus loin, que, pour connaître Dieu, au lieu d'écouter les erreurs de ceux qui nous entourent, il suffît de nous interroger nous-mêmes et de croire en nous, sibi credere. C'est tout à fait ainsi que s'exprime Sénèque {Ep. 3i, 3) ; mais l'apologiste Athénagore, un contemporain de Minucius, parle bien autrement. Il attaque ces sages du monde qui prétendent que la raison toute seule peut les conduire à la vérité, et se

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