‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 97 sur 460 · MINUCIUS FELIX ET SES SOURCES · texte numérisé non relu

MINUCIUS FELIX ET SES SOURCES

suppose des exercices graduels, un acheminement progressif vers l'initiation définitive '.

Certes, l'ouvrage n'est pas parfait, et nous accordons que, par prudence et par politique, Minucius Félix a minimisé son dogme à l'excès "-. Mais enfin bien des lacunes, où l'on a voulu voir ignorance, dissimulation, ruse équivoque, s'expliquent, se justifient presque, si l'on songe que YOctauius n'est pas une « somme », mais simplement une sorte d'introduction à la doctrine chrétienne, écrite à l'usage des mondains cultivés.

De même que Minucius B'elix n'apporte aucune vue nouvelle sur la religion païenne, aucune synthèse originale des vérités de sa propre foi, de même son inspiration a besoin d'être constamment excitée, soutenue par le secours d'autrui. 11 ne dispose pas de cette force de réflexion qui circule à travers un style et qui lui donne une vie personnelle, une forme « créée ». Il suffit de consulter l'une ou l'autre des éditions récentes oii sont indiquées ses sources pour se rendre compte que VOciauias est, selon l'expression de M. Paul Monceaux, « une mosaïque d'idées, de scènes et de détails pris de tous côtés » ». Il a emprunté à Cicéron le cadre général du dialogue*, et ce ton de

1. V. Lactance, De Ira Dei, 2. « I^am cum sint gracias multi, per quos ad domicilium veritatis ascenditur, non est facile cuilibel evelii ad summum... >> et tout le passage. — Cf. Orig., c. Cels., lîl, mi.

2. Ses successeurs paraissent avoir eu le sentiment de ce qui lui manque. Voy. Lactance, Div. Inst., i, ix, 22.

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