‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 98 sur 460 · Hisl. un., l · texte numérisé non relu

Hisl. un., l

4. Exemples antérieurs de l'emploi du « dialogue » dans l'Apologéti-

parfaite urbanité que gardent, au plus fort de la discussion, les interlocuteurs en présence. Le choix d'un arbitre pour dirimer le débat lui vient peut-être de Tacite '. Gicéron lui a fourni aussi son début, d'un tour raffiné et délicat, et la plupart des « motifs » de l'éloquent réquisitoire de Caecilius. A Sénèque il doit quantité d'expressions piquantes et presque tous les développements des chapitres xxxvi et xxxvii, là où Octavius, en riposte aux dédains de Caecilius. exalte la pauvreté chrétienne et oppose aux dangers de la richesse et des honneurs le bienfait souverain d'un cœur pur. Sénèque avait dit du « sage » stoïcien ^ : H Ecce spectaculum dignum ad quod respiciat intentus operi suo Deus, ecce par Deo dignum, uir fortis cum fortuna maie compositus, etc. » Et Octavius répète à propos du martyr chrétien : « Quam pulchrum spectaculum Deo, cum Christianus cum dolore congreditur, cum aduersum minas et supplicia et tormenta componitur... » Philosophes, historiens, poètes, chez tous Minucius Félix fait son butin. Son opuscule est un tissu de réminiscences, mais si habilement entrelacées et d'un ajustement si fin, que la suture ne se voit pas. Dans cette œuvre faite de pièces et de morceaux, tout a l'air d'une seule teneur, tout est entraîné d'un même élan. Cet art d'ingénieuse adaptation, c'est (avec un degré d'originalité en moins) celui d'un Catulle, d'un Ronsard, d'un Chénier. Minucius Félix est un ancêtre de ces humanistes experts. C'est le plus érudit et le plus lin des lettrés.

que, chez Ariston de Pella, Justin Martyr, Caius de Rome. Lucien de Samosate avait, du côté païen, donné à ce genre un véritable renouveau.

1. Dial. des Or., IV. Cf. déjà Platon, Protag., 337 E; Symp., 176 E.

Page 1