‹ Histoire de la littérature révolutionnaireChapitre 16 sur 40 · L'APOGÉE · texte numérisé non relu

L'APOGÉE

6 Octobre 1789 — 14 Juillet 1790;

iO

l'éloquence

A partir du 6 octobre 1789, nous traversons la Révolution pour arriver à la date de son apogée : le 14 juillet 1790. C'est le beau moment, celui où la France crut voir le ciel ouvert. Notre histoire continue sa route, les ailes déployées, se hâtant de toucher aux -sublimités, pour se reposer ensuite sur les autels élevés à la patrie.

Le premier qui prit la parole dans ce concert universel, fut Rabaut Saint-Etienne, pour prêcher l'égalité et la justice. Paul Rabaut, son père, homme d'une condition obscure, mais dévoré de

zèle pour le protestantisme, cherchait partout à lui faire des prosélytes et à fortifier ses ficrcs dans la foi. Son éloquence inculte et sauvage avait influé profondément sur le génie de son fils. Après avoir obtenu en 1788, de Louis XYI, Texercice des droits civils pour les sujets protestants à Fégal des catholiques, Rabaut Saint-Etienne avait acquis une grande importance à force d^imprimer à ses productions comme à ses discours le cachet de la philosophie moderne. Après avoir défendu, en 1789, le système d'après lequel les pouvoirs des trois ordres ne devaient être vérifiés qu'en commun, fait supprimer la plupart des privilèges résultant de la féodalité, plaidé avec une grande éloquence l'égalité des cultes religieux comme la suite nécessaire de tous les autres droits, orienté les droits et la durée des nouvelles législatures, il voulut parfaire sa mission et se venger du clergé en lui votant ded subsides. Ce noble mouvement lui valut la présidence de l'Assemblée, et le fit survivre aux années suivantes durant, lesquelles il ne parait plus qu'une fois, pour livrer sa tète à Fouquier-Tiuville.

Dans ce grand combat en faveur de. Tégali^lj^^ Habaut eut pour auxiliaires les plus dévoués, Duport et Robespierre. Duport se fit persuasif et Roliifespierre parfois éloquent. La cause de l'égalité en tendue,, celle de la liberté fut remise 41a question. Mirabeau qui l'avait si admirablement soutenue aux

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Etats-Généraux devait la défendre encore à l'Assemblée Nationale. Méprisant les séductions de M. de Lamark, et les propositions de la cour, cet homme^ la révolution incarnée, emprunta de nouvelles foudres. L'apogée de la Révolution est également celui de Mirabeau. Il en suit pas à pas les progrès. Il s'arrête avec elle, repart avec elle, pour elle il combat toujours. En 1790 il sait être le grand justicier de l'autel, qui commence à conspirer. Quand la France prononce ce mot a Amérique », il salue en elle le plus grand de ses citoyens. Lorsque enfin les partis trop avancés cherchent à compromettre la cause de la liberté ou essayent de l'attaquer, il les accable en feignant de ne les point craindre.

Tout le monde a sur les lèvres la fameuse apostrophe sur Charles IX et la Saint-Barthélémy : « Je vois d'ici la fenêtre, etc. »

Écoutez-le rendi^e hommage à Franklin. C'est une improvisation :

Messieurs, Franklin esl mort... Il est retourné au sein de la Divinité, le génie qui afïi*anchit PAmérique et versa sur l'Europe des torrents Je lumière.

Le sage que les deux mondes réclament, l'homme que se disputent Phistoire des sciences et Phistoire des empires, tenait sans doute un rang élevé dans P espèce humaine.

Assez longtemps les cabinets politiques ont notiûé la mort de ceux qui ne furent grands que dans leur élog^

funèbre. Assez longlemps réllqùelle des cours a proclamé des deuils hypocrites. Les nations ne doivent porter que le deuil de leurs bienfaiteurs. Les représentants des nations ne doivent recommander à leur hommage que les héros de l'humanilé.

Le congrès a ordonné dans les quatorze étals de la confédération un deuil de deux mois pour la mort de Franklin, et TAmérique acquitte en ce moment ce tribut de vénération pour Pun des pères de sa constitution. Ne serait-il pas digne de nous, messieurs, de nous unir à cet acte religieux, de participer à cet hommage rendu à la face de l'univers et aux droits de rhomme,étant lej>hilosophe qui a le plus contribué à en propager la conquête sur toute la terre.' L'antiquité eût élevé des autels à ce vaste et puissant génie qui, au profit des mortels, embrassant dans sa pensée le ciel et la terre, sut dompter la foudre et les tyrans. La France, éclairée et libre, doit du moins un témoignage de souvenir et de regret à l'un des plus grands des hommes qui aient jamais servi la philosophie et la liberté.

Je propose qu'il soit décrété que l'Assemblée Nationale portera pendant trois jours le deuil de Benjamin Franklin.

La proposition fat décrétée par acclamation.

Et maintenant avec quel superbe orgueil il repousse les calomnies de Marat.

On attendait des comités de législation et de constitution, un projet de loi sur les délits de la Presse.

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Malouet profita de Toccasion poar dénoncer un libelle signé Marat, dans lequel après avoir rendu compte de la motion du licenciement des troupes faite par Mirabeau, le libeliiste s*exprimait ainsi : « Si les noirs et les ministres gangrenés et archi- gangrenés sont assez hardis pour la faire passer, citoyens, élevez huit cents potences, pendezy tous ces traîtres, et à leur tète Tinfàme Hiquetti Talné... »

Malouet voulait que Marat fût livré aux tribunaux.

Je demande, dit Mirabeau, si ce n'est pas une dérision tout à fait indigne de PÂssemblée que de lui dénoncer de pareilles démences ; sans doute, il est bon de faire des lois sur les délits qui se con mettent par la voie de la presse comme sur tous les autres délits ; il est vrai que ceux-ci méritent, peut-être^ une plus grande considération parce que leur propagation est plus rapide, mais ce qui est mauvais c'est de se bâter, sur une semblable matière, c'est de se hâter, parce qu'on publie des extravagances.

Je vous prie de remarquer que dans ce paragraphe d'un homme ivre, qui vient d'être lu, je suis seul nommé. On parle des noirs dans ce libelle : Eh bien, c'est au Ghâtelet du Sénégal quMl faut dénoncer ce libelle. Eh ! que signifie, en effet, cette expression, les noeV^f Messieurs... parmi les libelles infâmes, il en est un, le libellus famosus ; et celui-là est de l'homme à qui l'on veut renvoyer rextrayagance qu'on vous dénonce, cet homme est M. le

Sropurem du, roi du CbâLetel ^ P^ris* Passons à l'or4ire du jjQur.

Vers la fin de 1789 la politique prend une tournure nouvelle. Deux forces sont là qui se présentent, qu'on discute : le Clergé et TArmée. L'une résiçt,e parcç qu'elle a tout à perdre si elle cède d'un pouce, l'autre subit l'influence désastreuse xle Bouille. Tandis que Mirabeau lutte contre la pren^ièrQ, Dubois de Crancé plaide la réorganisation de la seconde,en dépit des Labourdonnaie,Noailles, Gastries et Gazalès. De ces batailles parlementaires commencent à naître les contre-révolutions, et par suite l'éloquence contre-révolutionnaire.

Celui qui ae distingua le plus particulièrement d^Jfï& ce dernier genre fut Froment.

« Froment, dit Midielet, était plus qu'un homme, c'était une légion ; il armait en même temps par une multitude de bras, par son frère Froment* Tapage, par ses parents, par ses amis^ etc. Il avait son bureau, sa caisse, sa librairie de pamphlets, son antre aux élections, tout contre l'église des Dominicains, et sa maison communiquait avec une tour, qui dominait les remparts. »

Nous aurons dans le cours de cet ouvrage àconstater quels fièrent les tristes çomipencement^ de l'élo-

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quence terroriste. Ceux de Téloquence contre-révolutionnaire ne furent pas moins épouvantables. La parole se traîne dans la boue et dans le sang. C'est au milieu des massacres que vient Tinspiration et il ne faut rien moins que la vue des blessés ou des mortfi, pour la soutenir.

C'est à la réaction de 1790 que nous aurons dû ce triste exemple de la parole au service des grandes utopies et des grands crimes.

Tout d'abord ces nouveaux moyens de persuasion en imposèrent. L'éloquence de la tribune demeura niuette devant les hurlements des carrefours. Puis, après s'être recueillie elle tenta de composer, ayant pour interprètes Camus, Lanjuinais et l'abbé Grégoire, dont rintrépidité était connue. J'ai dit qu'elle composa, ce fut une faute. Ce qu'elle gagna en considération elle le perdit en efUcacilé et en grandeur. La Tribune avait ses foudres, elle n'eut plus que ses arguments : au lieu d'être fondatrice, elle fut modificatrice, réformatrice.

Camus avait une connaissance du droit canonique, ce qui lui avait valu la place d'avocat du clergé de France. Il avait joué un rôle important à la journée du Jeu de Paume.

Ce fut lui qui alla chercher les papiers de l'Assemblée dans la salle, fermée pour les préparatifs d^ la.

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séance royale/On pouvait s'attendre à une fermeté sans égale ^ Au lieu de mettre en action celle que la nature lui avait départie, il voulut compter à la fois avec la philosophie et les opinions religieuses, les préjugés et le raisonnement, la raison et Tesprit de parti, les devoirs civils et Tesprit de corps, cherchant imprudemment à concilier les contraires» et à mettre sa conscience en repos dans le conflit de tous ces devoirs hien souvent opposés.

Il semble qu*on retrouve dans son talent d'orateur et les erreurs de son parrain le cardinal de Rohan, et les principes de ses professeurs de l'Université. Quelques années auparavant il avait combattu Maupéou, le chancelier, puis après avoir écrit contre lui, s*était retiré dans son cabinet d'Auteuil. Il s'y retira trop souvent, comme si le moindre effort l'avait essoufflé. Au reste, à force de se ranger du «c6té de sa conscience, à force de croire à la religion à laquelle Newton croyait aussi et qu'avait défendue Pascal, il avait acquis une sorte d'éloquence déiste, religieuse par principes sinon par pratiques habituelles, bien qu'il pût passer à certains yeux pour Janséniste.

Ce fut dans ces dispositions que Camus arriva à l'Assemblée. Quand il s'agit du séquestre des biens du clergé, il n'y vit qu'une réforme salutaire qui

1 Tottlongeou.

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ramenait les choses temporelles à Tétat de la primitive Eglise, ainsi que l'avait toujours désiré, professé, prêché les Jansénistes du bon temps. Cette doctrine explique comment il se fit que Camus, ne repoussant aucune des réformes proposées, tout en votant formellement, dans Tappel qui forma le décret du 2 Novembre, en faveur du clergé, y créa ce que nous ne craindrons pas d'appeler l'éloquence de l'hésitation, éloquence véhémente et pressée au style raisonné à froid, calculé par motifs et par syllogismes.

Lanjuinais fut de la même école et pour les mêmes motifs. Ardemment attaché, dès son enfance, aux croyances chrétiennes, c'est moins dans la philosophie contemporaine que dans l'Evangile, qu'il avait puisé le principe de l'égalité entre les hommes. En 1770, il avait fait paraître deux brochures. Dans Tune il disait : <( Nous rejetons avec une égale horreur la démocratie, l'aristocratie et le despotisme ; mais nous chérissons cette forme mixte tant désirée des anciens politiques, tant applaudie par les modernes, où du concours du roi, des grands et du peuple agissant par ses représentants, sortiront des résultats d'une volonté générale et constante qui feront régner uniquement la loi, sur toutes les têtes de l'empire. » On sait où mènent les formes mixtes, dans les temps de revendication.

G*est au moment où Froment incendiait Ntmes que Lanjuinais songeait a à raviver la foi par le retour à la discipline trop oubliée des derniers siècles » et qu'il écartait minutieusement tout ce qui, d'après les canons, ne pouvait être réglé par l'autorité temporelle.

Aussi bien, il suffirait de relire son Histoire abrégée du Droit constitutionnel français^ pour se faire une idée exacte de la part qu'il dût prendre à l'opposition qui venait de se manifester contre le clergé.

Il y parle des gouvernements et des constitutions en général. Il se demande ce qu'on doit entendre par gouvernement légitime et pense, avec Bossuet,que ce gouvernement légitime est opposé, de sa nature, au gouvernement arbitraire, qui est barbare et odieux. Il ajoute que le gouvernement qui fut le mieux qualifié en droit gouvernement légitime, lorsqu'il a cessé de fait et qu'il n'existe plus visiblement dans le territoire de l'Ëtat, n'est qu'une prétention, soit légitime, soit illégitime, à laquelle chacun des citoyens peut ou doit être plus ou moins affectionné ; mais que personne ne peut être puni précisément pour avoir servi ou obéi sous un gouvernement de fait. Il termine en disant que la raison naturelle et la religion chrétienne, la prudence et l'hun^anité sont unanimes

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sur ce point et que les Anglais ont très-sagement prescrit Tobôissance au gouvernement de fait, par une loi positive et formelle. Enfin, après avoir parcouru les diverses espèces de gouvernement, il n'hésite pas à donner la préférence au gouvernement représentatif et constitutionnel.

A rencontre de Camus, chez Lanjuinais, la parole est brève. Il ne faisait pas de longs discours. C'était par des phrases vives, par des expressions toujours incisives et souvent véhémentes qu'il portait ses coups. Tant il est vrai, comme dit Cicéron, ({ue l'éloquence a la faculté de tendre au même but par des moyens multiples.

Terminons notre étude sur cette « trinité d'hésitants, » pour nous servir de l'expression de Mirabeau, en démontrant la parenté qui relie l'abbé Grégoire à Lanjuinais et à Camus. Le premier il s'était déclaré pour la réunion de son ordre à celui du Tiers-Etatj réunion qu'il accéléra même, par sa jVouvelle lettre aux Curés^od il déclame avec violence contre les intrigues du haut clergé et de la noblesse. On le porte en triomphe et l'on compte sur lui pour militer contre les conspirations cléricales. L'abbé Jallet va même jusqu'à lui prêter l'esprit de l'auteur du Dictionnaire Philosophique , quand il apprend que Palissot présentant à l'Assemblée l'hommage de spn édition dé Voltaire, s*est vu interpellé par Grégoire qui lui demande si elle a été purgée des impiétés

qui déparaient les ouvrages du philosophe. Quelque mois plus tard lorsque la constitution civile du clergé est décrétée, il publie un écrit intitulé de la lAgiiimité du Serment^ où se trouve ce remarquable aveu : « Dans la constitution, j'en conviens, on n'a pas assez prononcé l'autorité du pape. »

Et cependant comme Lanjuinais, comme Camus, l'abbé Grégoire ne croyait pas au christianisme. Ce qui ne l'empêcha d'organiser de concert avec eux « une charte de délivrance pour TEglisû et le clergé. »

A partir de ce moment on cesse de parler à la tribune. Les orateurs se taisent pour écouter le plus grand d'entre eux qui s'appelle : Peuple. La France de 89 avait senti la Liberté, celle de 90 devine la Patrie. Les fédérations imposent silence. Homme et patrie, voilà la dualité. Le 14 juillet voilà la rédemption... l'apogée 1 Cette fois la tribune, non, l'autel a été construit par la commune de Paris, l'Assemblée nationale, toute la population. Il tient à la France par la base, ses lumières brûlent dans les nues. Cinq cent mille auditeurs seront là pour applaudir. Il y aura des compagnies de cavalerie précédées de leurs étendards, des compagnies de grenadiers, de volontaires, de chasseurs, d'élèves militaires, de vétérans, de troupes de ligne. On

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y verra les électeurs de la ville de Paris, TAssemblée des représentants de la commune, les présidents des districts, les députés de la commune pour le pacte fédératif, les soixante administrateurs de la municipalité, les députés des gardes nationales des quarante-deux premiers départements, les députés de la marine, (^e n'est pas tout. Voici des officiers généraux, Fétat-major de Tarmée, et les maréchaux au-dessus desquels flotte majestueusement le drapeau de la liberté qui porte la cornette blanche de France. Voici enfin Louis XVI et Marie-Antoinette. La royauté s'est dérangée!

On a élevé des arcs de triomphe, tressé des couronnes. Au loin les tonnerres de Tartillerie préparent aux foudres de la tribune. Le soleil n'a jamais été si beau. Le ciel a magniquement illuminé.

Remontons aux temps fabuleux, aux époques où Moïse conduisait un peuple, où Salomon faisait bâtir un temple par les ouvriers du monde ; prenez César, Gharlemagne, Louis XIV, et dites-moi si jamais Rois, Empereurs, Prophètes ont jamais eu pareil auditoire.

Jamais^ n'est-ce pas?

Qni donc va parler? qui va descendre du ciel embrasé? quel messie? quel Dieu?

La Fayette monte à Tautel, et là au nom de toutes les gardes nationales de France, il prononce le serment suivant :

« Je jnre d*étre à jamais fidèle à la nation, à la loi » et au roi, de maintenir la constitution décrétée H par TAssemblée Nationale, et acceptée par le Roi, • de protéger conformément aux lois, la sûreté dea ». personnes et des propriétés, la libre circulation n des grains et subsistances dans Tintérieur du » royaume et la perception des contributions publi- » ques, sous quelques formes qu'elles existent, de demeurer uni à tous les Français par les liens » indissolubles de la fraternté. »

Le Président de TAssemblée Nationale s'avance :

« Je jure d'être fidèle à la nation, à la loi, au roi, B et de maintenir de tout mon pouvoir la constitu- » tion décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée » par le roi. »

Le roi étend les bras vers l'autel :

« Moi, roi des Français, je jure k la nation d'em- » ployer tout le pouvoir qui m'est délégué par la

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» loi consiituttonnelle de TEtat, à maintenir la cons- » titution et à faire exécuter les lois. »

Un menuisier, citoyen obscur, prend la main de son fils au berceau, et la lui fait lever, afin qu*il participe au serment du patriotisme.

POÉSIE

Quel a été le sort de la poésie à la fin de Tannée 4789 et au commencement de 1790 ?

C'est Gollin d*Harleville qui nous Tapprend.

Je suis heureux d'avoir l'occasion d'invoquer ici le jugement d'un homme sympathique entre tous. C'était à lui, qui avait sacrifié famille et repos, à relte poésie qui lui fut si chère, de nous initier à ses destinées. J'y trouve le prétexte de rendre hommage à ce spirituel écrivain, qui tient une place importante dans l'histoire de la littérature. Je salue sa franche gaité qui était celle d'un sage indulgent qui, en observant les hommes, prend

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moins de Thumeur de les voir méchants, que du chagrin de ne pas les voir heureux.

Voici les vers qu'il écrivait en tête de VAlmanach des Modes de 1790.

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