‹ Histoire de la littérature révolutionnaireChapitre 18 sur 40 · LA PRESSE · texte numérisé non relu

LA PRESSE

Depuis la translation de TAssemblée Nationale à Paris, jusqu^au jour de la fédération, un grand nombre de journaux parurent à Paris. Nous en devons la nomenclature à M. Léonard Gallois, qui avec sa remarquable Histoire des journaux et des journalistes de la Révolution Française, a singulièrement abrégé la besogne de ceux qui, comme nous, ont eu après lui, la prétention de s'occuper de la presse révolutionnaire. Le premier qui parut le 20 octobre 1789 avait pour titre le Rôdeur Français, C'est une petite feuille satirique, pleine d'esprit. Le 20 novembre on mit en vente le premier numéro des' Révolutions de France

sous LA RÉVOLUTION 24fl

et de Brabant, publication qui valut à Camille Des^ moulins sa réputation de journaliste. Il s'était associé avec un libraire, ne voulant être, suivant la division des trois ordres de Mirabeau, ni de Tordre des mendiants, ni de celui des fripons^ mais plutôt de celui des salariés,

J^avais traité avec le sieur Garncry (soil dit sans Toffeiiser), je m'étais embarqué pour six mois, dans une galère ; c'était une navigation bien assez longue, et suf une mer orageuse, et pour un pauvre diable chargé de toute la manœuvre, qui composait à lui-môme toute la chiourme, et pour un paresseux qui aimait le rivage, qui n'en était pas arraché, comme le commerçant, par la Foif de For^ et qui n'envisageait point, au boutades monceaux de piastres et des jouissances exclusives, mais des biciis communs à tous les hommes, Tégaliié, l'auream mediocritatem d'Horace, c'est-à-dire, la portion congrue et légitime due au travail.

Les Révolutions paraissaient tous les huit jours. Le journal était divisé en trois sections .• section premièrcy France ; section deuxième .'le Brabant,Liége et les pays étrangers qui, à Texeraple de la France, arborant la cocarde et demandant une Assemblée Nationale, méritaient d'occuper une place dans les feuilles ; section troisième : Variétés. Quant à leur but, il était celui-ci : réunir des matériaux pour les historiens de Tavenir, en suivant, pas à pas^ dans

les différents royaumes, les progrès de la Révolution, après avoir consacré son premier point tout entier à celle de sa patrie. Mais laissons la parole à Camille Desmoulins :

Page 1