DE SEPTEMBRE
Justice, ô Jusliee, on l\\ppelle ; on lui cric ! Pleurez, c'esl un grand deuil, un deuil pour Tunivers, Le seul espoir qui reste à mon âme flétrie... S'é?eille la Justice en secouant mes fers.
Laisse à-ces hislrioas la scène ridicule.
Pour de nobles combats, guide les traits d'Hercule.
On les a vus souillés d^un carnage récent ;
ig2 HISTOIRE Dfe LA LITTÉRATURE
tout dégotillaltl Je sàng,^ Et de satig innocent, t^H^r d'IiUibâiiilé, de liberté chérie 1 ma pairie I ma pairie!
Là Idilice ki'eâiplaà, on l'appelle, on lai cHe ! PieUres, c'esl uti gràttd deuil, etc.
Ftiis, et lie l'arme pbinl d'an courage inuliie. FUil^ P Fms; Achille absent sera toujours Achille. Tu l'invoques en vain par des vœux superflus, La sainte humanité, la Justice n'est plus. *
Justice, etc.
Oîi donc est la tbit créatrice ?
« Une loi sage et protectrice « Punira ces lâches per?ers.
« Ces images, ces traits, à notre encens ofTerls, « Disent que la vertu, sera récompensée. »
Oh ! je les reconnais ! — (ma voix s'éteint glacée) De civiques lauriers leurs poignards soht couverts. Voilà fcenx dont la rage, eh ce siècle exercée, Ne peut, à qUi l'a Vde, entrer dans la petlsée De tant de crimes les auteurs I Et voilà vos législateurs !
La Justice, etc.
8ÛUS LA RÉVOLUTION 298
Lâcheté! brigandage 1 opprobre! ignominie!
J'irai. — Non. Je demeure là.
Itfa cat^rière est finie Qui me recomn^enceru I
6 Justice, etc.
Aussi bien, Nicolas 4p BQ^npyiile ne perdit aucune occasion de blâmer les excès de la révolution, après cependant en avoir prêché les principes, en avoir presque prédit les conséquences, car en certains pa8sages,il semble avoir le don d'une sorte de divination*.
Dans un poème en 28 chants, intitulé fe Poeme^ il continue à déplorer les abus révolutionnaires.
lisent assassiné la U^arté publique !
s'écrie- t-il, et plus loin :
Allez, boipTnes de sang pj qés pour l'esclavage-, Yqs lauriers sont CQpverls De fiel et de carnage !
L^ vertu gémit dans les fers, Et vous l'avez permis, vous tous, hommes pervers, Allez porter ailleurs un flétrissant hommage.
' DdDS une pièce -intitulée le BruidCy datant de 1790, on y trouve ce vers :
Satan... c'est le monarque en tranches découpé!
Le chant IX est un des plus curieux :
Que veux-tu ? septembre est ce un ordre inhumain ! Lave du moins le sang qui couvre celle main.
Une voix qui sort des tombeaux sous tes pieds
de l'assassin,
La mer, toutes ses eaux, les parfums de PAsie Ne blanchiront jamais...
Une partie du chœur.
Insensible à ce point !
La voix des tombeaux.
Du sang de l'innocent cette main est rougie !
La grande ombre de Shakespeare qui s^ élève, dans sa gloire y sur l autel de la Liberté,
Les lâches ne s'effacent point.
Toutes les nations en chœur.
Du sang de Finnocent celle main est rougie !
sous LA RÉVOLUTION 295
Tous les siècles en chœur.
Les lâches ne s'effaceal point.
Il faut évidemment attribuer à une imagination excessive, ce besoin qui se retrouve dans toutes ses poésies, d'y faire entrer du dialogue, avec de la mise en scène. Voyez pour huit vers, nous avons : une voix qui sort des tombeaux, un assassin, Shakespeare, un chœur des nations et un chœur des' siècles I
Bonne ville se complaisait volontiers dans ces descriptions théâtrales qu'il eut été impossible de réaliser au machiniste le plus habile. Avant d'en finir avec le poète, nous voulons en donner encore un exemple qui dépasse tout ce dont on pourrait se faire une idée.
Dans une pièce intitulée la Bouche de Fe)\ sous la rubrique les Francs Cosmopolites^ il veut chanter Jean Racine.
A la scène première, le Génie de la France doit s'écrier ;
Racine, ô mon poôlc !
Et Racine de s'éveiller.
Voyons quelles ont été les précautions de Bonneville, avant de faire s'éveiller Racine et supposons un
instant que nous spyons chargé de V^^écution de cette mise en scène.
Perrière les murs d'un teipple cpnsaci*^ â Tét^rnelle lumière, un jeune ho^nme, qonchal^mqient couché au milieu des tqnfiheaux, regarnie ^vep recueillement quelques feui{lets épars qvi'ij tipflt er^tre ses mains.
Jusque-là rie^ de Ti^ieux.
Mais noire jeune homme tourne ces feuillets épars et Ip spectatpur doit dev||:^er op (\\\\[ lit « mentalement! ^)
(!«»• feuillet)
— « Je les conjure d*éclairef ma raison — cl ils m'as- » surent que ces paroles de l'ancien monde renférmenl » Fcspérince d'un jrrand événemeni, qui est proche: — » qu'jl fi^ut se dévQ^cf — pe §efft (inoi — QHc ¥eulpnl-ils » v(\Q ç|ipe ayep la cais^^ de plçtmb dç Miaiiespeare? — » Est-ce qu'ils croiraient à des prophéties ! — Que ré- » pondre aux S^ges ? — Ce qu'ils m'ont <lit : — ^^jpa- » mine-toi toi-même. Où sont les Sages à qui les tyrans » n'aient pas aussi crevé les yeux, bouché les oreilles, » arraché la langue ? — Tout est cahos. — Je le sens ; » — la création va commencer — ils le disent — non, » je ne veux ni maîtres ni disciples — c'est moi seul » fjuo jp verx approfondir, assiéger, cn^naîlre^ cqjice- » voir. »
sous LA RÉVOLUTION 207
(2® feuillet)
Prophétie de Pancien monde^ consacrée dam V Écriture-Sainte, au livre de Mardochée et d*Esther, chapitres 4,7, 8, 9. (Voy. l'Esprit des Religions, 2® partie ,
(3« feuillet)