POT POURRI
MIT h départ et le retour du roi et de la reine, air: Lorsque le roi partit de France, etc.
Quand Louis désertait la France, Hélas 1 il perdait donc l'esprit?
Le mardi Ton sut son absence.
Et le lendemain on le prit.
air: de Joconde.
Français, yous fûtes étonnés
De cet excès d'audace; Bientôt vos regards sont tournés
Pour découvrir sa trace.
Vous yous trompâtes cette fois
Criant: alerte, alerte; Sachez que la fuite des rois
N'est jamais une perte.
air: Allez vous-en sainte famille.
Fuyez, fuyez, lâche famille.
Disait le peuple de Paris ; Mais nous yerrons dans cette yille Les aristocrates occis ; Comment occis!
Sans doute occis.
Fuyez, fuyez, lâche fîimille, E^isaR le peuple de Paris.
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air: Des folies d'Espagne.
El cependant de ce peuple un grand nombre, Moitié s'arma, moitié s'enfuit aux champs; Ainsi l'éclipsé étend un voile sombre, Qui se dissipe à des rayons ardents.
AIR : Du haut en bas.
Que cette fois.
Le Français montra du courajie!
Que cette fois Il sut reconnaître ses droits!
Honneur à ton aréopage, Je ne le vis jamais si sage,
Que celte fois.
air: La faridondaine, la faridondon.
Le royaliste au désespoir, Maudissait Antoinette ; La peur blanchissait le plus noir,
On eut dit la paix faite.
J'aurais voté le grand pardon, La faridondaine, la faridondon, Folleville était blanc aussi
Biribi, A la façon de Barbarie Mon ami.
AIR : du Malheureux Lisandre.
Croyant que tout est en déroute, Satisfaite ^e ses exploits, Toinette voit la banqueroute, El compte les morts sur ses doigts.
Mais en vain un simple cortège, Cache une fuite sacrilège, En yain le roi s'est avili ; Aisément on connaît resclave, Que plus d'une personne grave Avait déjà mis en oubli.
air: Réoeille%'vous, belle endormie.
■ Le Fourrier des Logis, sans doute.
De bien servir fui peu jaloux ; Quoi! des Gardes-du-Corps en route?
Il y fallait des Garde-foas.
AIR : des Pèlerins de saint Jacques,
Cest quand ils furent à Yarennes,
Rustique lieu.
Que Toinon, au fort de ses peines,
Adora Dieu.
Les habitants ont tout gâté
Par leur rubrique :
Et ce chef de la Royauté N'est plus qu'un Roi de Pique.
sous LA RÉVOLUTION 3^
air: des Amours d'été,
- Répondez sans délour, Louis, pour quelle affaire Vous Yoit-on en ce jour, Rôder dans ce séjour?
Amis, la chose est claire.
Il voulait à son tour.
Faire en terre étrangère^ Sa cour.
air: Malgré la bataille.
Varennes délalle^
£t son bataillon,
Vers la capitale,
Ramène Bourbon.
Quel roi?... c'est un atome, Quant à nos trayaux ; Mais un yain fantôme Fait peur aux moineaux.
AIR : Le saint craignant de pécher.
Trois Courriers, en chamois fin.
Étaient sur le siège; Paris fut jusqu'à Pantin,
Pour les prendre au piège.
On quittait de bons pâtés Pour Yoir les deux majestés,
Gha, cha, cha, cha, cha, Ga, eu, ou, cu^ eu, Gha, eha, cha, Gu, eu, eu, Gbaeune à ^a place. Faisant la grimaee.
AIR : En passant par la barrière.
En passant près des barrières, On demandait à Toinon :
Vous qui venez des frontières, Qu'en rapportez- vous de bon ?
Mon beau mirliton, mirliton mirlitaine.
Mon beau mirliton ton ton.
air: du Confit cor.
Ah Français! si vous eussiez vu
Quel ton avait cette inlldèle ;
Son cœur à peine était ému,
Tant elle vous haït, la cruelle ! {his)
Mais entre nous, {bis) soyons d'accord,
G' est trop peu d'un confiteor, (bis)
AIR : Foiis m'entendez bien.
Gomme du bon vin en tonneau,
Louis est soigné de nouveau ;
Mais il faut qu'il s'en aille,
Eh bien !
Remontons la futaille
Vous m'entendez bien.
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air: Si f avais cinq sous vaillants.
Je Teax avoir, amis, dans un temps favorable Uq âae propre aux ctiarroiSi Pour porter reines et rois Au diable, au diable, au diable !
C'est un volume qull faudrait pour les reproduire toutes.
Chose curieuse.
La Bouche de fer voulait profiter de la ciroonsH tance pour déclarer la République. C'était le moment. « La Républi(jue, écrivait M°*® Roland le 22 Juin, rindignation contre Louis XYI, la haine des roiSfS'exhalent de partout! » Le général Dumont, pensionné de l'Angleterre, criait dans les rues : a Si le roi nous a quittés, la nation reste ; il peut y avoir une nation sans roi, mais non un roi sans nation, m Le peuple lit,écoute,ne comprend pas.Alors la vieille idole est relevée de terre. On lui fait bientôt un piédestal avec les cadavres des massacres du 17 Juillet. Louis XVI est retrouvé, 'vive Louis XVII Entonnons des chants de grâce I Et c'est FO Filiil de 1791 ou nos ennemis déconcertés. Prédiction absurde du sieur Burk, le Colonne anglais.
Aux prélats nous saurons porter Le respect à leur dignité^ Pourvu q^u'on ne nous trompent pas.
Alléluia I
Au roi ils ont lourné l'espril, Nous sommes convaincus aujourd'hui Qu'ils voulaient en faire un renégat.
Alléluia!
Si il veut) il sera loué.
Chéri, aimé et respecté.
Pourvu qu'il ne nous quitte pasl Alléluia!
Âileluia! On assassine au Gros-Caillou. Alieluial On massacre au Champ-de-Mars. Alléluia! La garde soldée et les royalistes tirent sur le peuple. Alieluial Un garde national du bataillon de Saint-Nicolas, se brûle la cervelle, laissant ces mots sur sa table : «J'ai juré de mourir libre, la liberté est perdue, je meurs » Alieluial Alléluia!
THÉÂTRE
Nous avons dit plus haut, que le théâtre révolutionnaire était né avec la première représentation de Charks IX. La tragédie de Joseph de Ghénier devait avoir bien du retentissement, à partir de ce jour.
J'ai sous les yeux une Relation de ce qui s'est passé à la Comédie Française, dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 juillet, ou destruction de la cabale du ministre Farcy-Guignard, dit saint Priest,
«• Les bons patriotes, écrit l'auteur anonyme, ont vu avec chagrin, que ce qui s'est passé hier au Théâtre-Français, prouve combien Tiniluenoe mioi»-
térielle a de force encore sur nous, et que nous ne sommes pas élevés au niveau de cet esprit public, après lequel nous courons depuis un an. Les comédiens, qui se disent, on ne sait pourquoi, ceux delà Nation, avaient refusé de donner pendant tout le temps de la fédération aucun des spectacles qui peuvent inspirer au piuple des idées de vertu,quoique les théâtres ne soient faits que pour cela daus un pays libre. Ils n*ont étalé, et encore avec une espèce d'affectation, que des pièces où domine la basse flatterie des courtisans, et où la prostitution la plus scandaleuse du genre humain est consacrée.
« Les bons citoyens parmi les fédérés de tous les départements, et les bons citoyens de Paris, avaient insisté plusieurs fois pour avoir entre autres pièces : Charles IX^Bamevelt, la Mort de César, etc.; tous les efforts ont été inutiles. Le district même des Cordeliers avait, d'après un arrêté pris dans une de ses assemblées générales, envoyé une députation aux histrions, qui ont eu Taudace de la recevoir avec dédain, et de dire que la pièce de Charles IX était incendiaire, et qu'ils devaient bien des égards au public, mais qu'ils en devaient aussi aux ministres leurs supérieurs. On a su après, par quelques-uns des acteurs mêmes, que c'était Guignard qui donnait des ordres positifs au théâtre. Des ordres, citoyens ! et par qui, bon Dieu I par l'homme qui, d'après le
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rapport des ministres de la justice, devrait à Tinslani passer de la cour au cachot ^
. « Avant-hier le public avait demandé Charles IX» et avait témoigné quelque humeur du refus : des citoyens armés, abusés toujours par les ruses de ceux qui s'en emparent (et il est si facile de s'emparer de Tesprit de cette brave et loyale garde nationale), et
qui, dans les spectacles, devraient se tenir à Técart, faisant place au seul pouvoir civil, avaient dit, ou plutôt on leur avait fait dire qu'il y avait une cabale, que M. d'Anton [sic) en était ; ce M. d'Anton, ce citoyen courageux, dont le nom seul fait pâlir les 8nnemis de la liberté : que la même cabale se serait renouvelée hier ; et voilà tout de suite Taristocratie en Tair, et tous ses satellites.
(( M: Mottier, requis par M. Bailly, envoie au théâtre des forces extraordinaires : on y donne enfin Charles IX ^ mais le parti était pris de voir dans la foule quelque perturbateur de Tordre public. On en veut aux citoyens du district des Gordeliers,qu'on cherche des yeux par toute la salle ; on les aperçoit et leur président parmi eux. Il faut une réfraction quelconque pour les chicaner. Ils avaient comme tant d'autres dans les entr' actes, le chapeau sur la
* Saint-Priest ne quitta les affaires qu'à la fin de décembre 1790, lorsque l'Assemblée eut annulé un des arrêts qu'il avait contresignés. Il était pair de France en 1815.
372 HISTOIRK DK LA LITTÉRATURE
tète. Voilà le crime. On chuchote, on court, on appelle des grenadiers, tous les gens à épaulettes sont «n branle ; mais les cordeliers se retirent d'euxmêmes tranquillement. Ils quittent la salle ; il n'y a d'arrêté qu'un chapeau, qu'on rend après au corps de garde, et tout rentre dans le plus grand ordre possible. Voilà le récit véritable de ce qui s'est passé hier aux Français. Il faut espérer que les comédiens profiteront de la bonne leçon qu'on leur a donnée, et qu'on prendra occasion de là de réformer des abus qui pourraient subsister seulement dans un pays corrompu tel que l'ancien régime le désirait.
« Hier soir même, le district des Cordeliers a pris un arrêté, par lequel il invite les cinquante-neuf autres districts à se réunir, pour demander que le pouvoir militaire, dans tous les spectacles d^ la capitale, ne pèse plus sur les citoyens qui assistent aux représentations, mais qu'il se tienne à l'écart, et qu'il soit aux ordres du pouvoir civil, qui seul doit présider dans les salles. »
La reprise' de Charles IX ne jjrécéda que de quelques jours la première représentation des Rigueurs du Cloître, une pièce en 3 actes de Joseph Fiévée,et dont la musique avait été confiée à Breton. Les Rigueurs du Cloître rappelaient le Couvent de Laujon. Le futur Président de la section du Théâtre- Français (depuis Odéon), s'empressa de racheter son
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œavre, par une brochure intitulée : Sur la nécessité de la religion^ dans laquelle Tauteur dramatique se donnait à lui-même un démenti public.
Nous voici revenu à Collot d'Herbois, qui reparait avec deux pièces : La Famille Patriote^ pièce nationale en 2 actes, et le Procès de Socrate, comédie en 3 actes, signée cette fois : Collot ci-devant d'Herbois. Toutes deux eurent un sort égal, c'est-à-dire malheureux. Il s'en vengea sur Laya, comme il s'était vengé sur Olympe de Gouges de son insuccès du Paysan Magistrat. Le 18 décembre, Laya ayant fait représenter un Calas en 5 actes, — sujet qui après avoir tenté Fenouiilot de Falbaire, devait tenter encore Lemierre d'Argy et de Ghénier — Collot d'Herbois l'attendit à la fin de la représentation pour le siffler au passage.
L'année 1790 avait vu le beau trait du lieutenant Desilles qui dans la révolte de la garnison de Nancy, après s'être épuisé en vains efforts pour ramener les soldats au devoir, se fit percer de coups de baïonnettes en tenant embrassé un canon braqué contre la garde nationale et les troupes fidèles. Deux pièces furent écrites sur ce sujet : Tune : Trait civique, en un acte mêlé de chants,par MM. Dejaur et le Breton ; l'autre le Tombeau de Desilles, par Desfontaines.
Afin de compléter le répertoire dramatique de
Tannée 1791, nous devons signaler encore, Nicodème dans la lune, ou la Révolution pacifique, comédie en 3 actes mêlée de vaudevilles qui fut jouée sur le théâtre Français comique et lyrique de la rue de Bondy, le 7 novembre. L'auteur était Jacques Beffroy de Reigny,plus connu sous le nom de Cousin Jacques, dont il signa ses productions.
M. Théodore Muret a consacré quelques pages intéressantes à cette comédie.
« Ce personnage dé Nicodème, dit-il dans son Histoire par le théâtre, que Beffroy de Reigny mit à la mode, est un paysan tout naïf et tout franc, dont le gros bon sens est assaisonné d'une certaine dose de malice, et qui tient un peu de Sancho Pança. Le Cousin Jacques, par Torgane de son Nicodème se montre partisan de la Révolution, mais de la Révolution telle que la saluèrent les esprits éclairés et généreux. 11 en adopte toutes les réformes et tous les principes, sans excès et sans violences, comme Tindique le second titre de la pièce dont Nicodème est le héros. S*étant embarqué dans un ballon, Nicodème s'élève si haut dans les airs qu'il arrive jusque dans la lune, jusqu'à cette planète dontle Cousin Jacques avait fait son domaine. Là, il trouve un peuple qui se plaint avec raison de bien des abus ; il trouve des courtisans comme il y en a, comme il y en aura toujours sur la terre ; un souverain qui &
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les meilleures intentions du monde, mais qui est circonvenu par tous ces gens intéressés à le tromper. Une partie de chasse doit l'amener dans un canton dont les habitants auraient grand besoin d'en appeler à la haute justice du prince. Leur seigneur tient, au contraire, à ce que Sa Majesté Lunatique ne voie autour d'elle que l'apparence et l'expression du bonheur. Il voudrait que le curé de l'endroit le secondât dans ce mensonge ; mais le digne pasteur, tout dévoué à ses paroissiens, s'y refuse formellement, et fait au seigneur des remontrances dont la franchise n'est pas bien accueillie :