CHAPITRE XII
mots nouveaux et heureux, que la langue devait à cet ingénieux écrivain.
immoralité des mimco.
Le mime, dès le temps de Labérius, était déjà de la poésie d’assez bas étage, et qui n’était pas faite ùniquement pour charmer les esprits délicats. Quant à Syrus, nous savons, par Sénèque, combien il tenait à satisfaire les goûts de la canaille , et quel étrange contraste devaient faire , dans ses pièces, les personnages aux belles maximes avec les personnages aux ignobles quolibets et aux actions viles. J’aime à croire qu’un homme du caractère de Matius se respectait luiméme, et qu’il respectait les yeux et les oreilles de ses auditeurs. Mais Ovide nous donne une assez triste idée des pièces qu’on Taisait encore de son temps sous le titre de mimes : « Enfin, dit-il, parnû tant d’hommes qui écrivent, je n’en vois pas un que sa muse ait perdu, moi seul excepté. Que n’ai-je donc écrit des mimes aux obscènes plaisanteries, où ne se montrent que de criminelles amours? Là, toujours c’est un adultère bien vêtu qui entre en scène ; c’est une épouse rusée qui trompe son benêt de mari. Ce spectacle est pour tout le monde, vierges nubiles, matrones, hommes faits, enfants ; et la plupart des sénateurs y assistent. Et ce n’est pas assez que les oreilles soient souillées de paroles infâmes; les yeux s’accoutument à souffrir bien des choses honteuses. Lorsque l’amant a trompé le mari par quelque nouveau stratagème, on applaudit, et la palme est décernée avec des acclamations bruyantes. Plus l’œuvre est dangereuse, plus elle rapporte d’argent au poète ; et le préteur achète à grand prix ces crimes odieux. Examine, Auguste, les dépenses de tes jeux : tu y liras bien des infamies de ce genre, achetées pour toi à beaux deniers*. » Ovide rappelle à Auguste que non -seulement il a autorisé les représentations, mais qu’il y a assisté, et que le spectacle n'a nullement effarotiché sa vertu. C’est ainsi que le grand réformateur, l’homme qui aspirait à passer pour le restaurateur des mœurs publiques