I. Ovide, Tristes, livre II, vers 495 el suivants
MMES ET PANTOMMES.
et privées, se démentait publiquement lui-même, et travaillait, autant et plus que bien d’autres, à développer tous les ferments de cette corruption qui devait gangrener et dissoudre la société romaine.
PantomlmeM.
D’innombrables spectateurs s’étageaient sur les gradins du théâtre de Pompée. J’ai rappelé ailleurs, d’après Horace, ce qu’était le peuple au théâtre. Qu’on juge des efforts inouïs k quoi étaient condamnés les acteurs, pour que l’immense auditoire ne perdit pas trop des choses qu’ils débitaient, et pour que les vers du poète parvinssent , plus ou moins distincts, à toutes les oreilles, sinon à tous les esprits. J’imagine que les sentences morales n’allaient pas très-loin, et ne dépassaient pas beaucoup la première précinction, c’est-à-dire les bancs des chevaliers; et je doute que les mots pour rire pussent monter jusqu’aux derniers degrés de l’amphithéâtre, si peu qu’il y eût de houle dans cette Gharybde, si peu qu’y frémît la tempête. Mais les acteurs avaient autre chose que la parole ou le chant, pour faire comprendre leur pensée : ils avaient les poses et les gestes ; et c’est par la mimique incontestablement que les mimes avaient surtout mérité leur nom. Les mimes-comédies étaient mimés plus encore "que joués ; et les mimes-comédiens mimaient leurs rôles plus encore qu’ils ne les déclamaient. Une pièce de Syrus était une pantomime, plus les paroles; et Syrus le mime était un pantomime disant aussi des vers.
On s’aperçut bientôt qu’il n’était pas besoin de se donner tant de peine, et qu’il y avait profit à supprimer complètement les paroles et à ne s’adresser qu’aux yeux : profit pour le poète, cela va de soi ; profit pour les acteurs, débarrassés du plus rude de leur tâche; profit pour les spectateurs assis dans les hauts; profit pour ceux du bas et de l’orchestre même. La musique restait, et tout ou à peu près tout ce qui était essentiel au mime. Les sénateurs et les chevaliers se consolaient de l’absence des paroles, en suivant sur le livret l’explication des mouvements de la scène, comme font chez nous les amateurs de ballets. Les livrets de pantomi-