CHAPITRE XII. — MIMES ET PANTOMIMES
mes étaient rédigés d’ordinaire en grec, et n’étaient, par conséquent, qu’à l’usage du beau monde. Il est vrai que la canaille ne s’en souciait guère, pourvu que l’acteur eût des poses expressives et des gestes à son goût.
Le domaine de la pantomime devint, avec le temps, bien autrement étendu que ne l’avait été celui du mime. Le mime n’était que de la farce versiSée et mimée. La pantomime fut de la farce surtout, mais elle fut aussi de la comédie sérieuse, de la tragédie même. On traduisit par la pantomime tout le théâtre des Grecs; et le drame satyrique, jusque-là inconnu des Romains , put dorénavant figurer avec succès sur la scène devenue muette, et y montrer ses chèvre-pieds cornus et son Silène à la panse rebondie, à la face joyeuse. Horace nous montre un pantomime dansant le rôle d’un satyre, ou celui d’un cyclope ; allusion évidente à quelque représentation mimique, qui répondait au Cyclope d’Euripide. La pantomime eut ses tragédiens et ses comédiens. Plusieurs furent célèbres ; et les noms mêmes de Roscius et d’Ésopus pâlissent, chez les auteurs anciens, auprès de ceux de Pylade ou de Bathylle. Pylade excellait dans la pantomime sérieuse , et Bathylle dans la pantomime gaie.
La pantomime est encore de l’art, et de l’art dramatique. Cet art fut assez longtemps fiorissant à Rome ; mais il eut à son tour sa décadence. 11 n’est plus question, dans les bas siècles, ni de Bathylles, ni de Pylades, ni de cyclopes, ni de satyres, ni de comédies mimées, ni de tragédies en gestes. Ce qu’on ‘voit sur la scène, ce sont des femmes nues, des danses ithyphalliques, des priapées, des infamies sans nom, des spectacles du genre de ceux que donnait, jusqu’en plein christianisme, celle qui devait être un jour l’impératrice Théodora.