‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 14 sur 397 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

complets que Rome ait jamais eus , le plus grand peut-être des orateurs romains avant le grand Cicéron.

Hi«totre.

Il y avait des livres d’histoire, à Rome , dès les temps les plus reculés, mais qui n’avaient rien de commun ni avec Thucydide , ni surtout avec les Muses d’Hérodote. Le grand pontife inscrivait sur un tableau blanc tous les événements publics dignes de quelque mention. Ce tableau était exposé dans la maison du grand pontife , et tous en pouvaient prendre connaissance. Chaque année on faisait des recueils de ce qui y avait été inscrit, et ces recueils étaient soigneusement conservés. Les auteurs désignent ces monuments sous les noms divers de Grandes Annales, de Livres des Pontifes ^ de Commentaires des Pontifes , etc. De pareils ouvrages n’étaient et ne pouvaient être que des matériaux pour servir à l’histoire. Les pontifes n’avaient nul besoin d’être des écrivains : il leur suffisait , comme dit Cicéron , de n’être point menteurs. Encore Caton leur reprochait-il d’avoir trop souvent rempli leurs livres de faits insignifiants, et d’avoir omis les grandes choses. Ajoutez qu’on n’avait guère, au temps des premiers historiens latins, que ceux de ces livi'es qui étaient postérieurs à la prise de Rome par les Gaulois : presque tous les autres avaient péri dans l’incendie de la ville.

Chants feseennlns.

Il y avait aussi quelque chose qu’on pouvait à la rigueur prendre pour de la poésie, et qui était né spontanément sur le sol du Latium , et des mœurs mêmes des premiers Romains. « Les laboureurs d’autrefois, dit Horace ces hommes robustes et heureux à peu de frais, quand ils avaient serré leurs blés, délassaient par des fêtes leur corps et aussi leur âme, que soutenait dans les épreuves l’espoir du résultat. Avec les compagnons de leurs travaux, leurs enfants, leur fidèle épouse , ils offraient un porc à la Terre , à Silvain du lait , des fleurs et du vin au Génie qui nous avertit de la

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