‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 165 sur 397 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

car l’onde est plus sûre que la foi d’une femme. » Voici la seconde : <* Il n’y a pas de femme bonne ; ou , s’il en existe une seule , je ne sais par quel sort une chose mauvaise est devenue bonne. »

Cœllns (iHarcuai Cœllaa Burua).

^Une correspondance bien autrement importante , c’est celle que Cœlius entretint avec Cicéron, pendant que celui-ci gouvernait la Cilicie. Les dix-sept lettres de Cœlius peuvent compter parmi les plus précieuses de tout le recueil. Cœlius, ami et disciple de Cicéron , le tient au courant de tout ce qui se passe à Rome et dans la république. Rien ne manque dans ce journal, pas même la malice et les médisances , pas même la chronique scandaleuse. Le style de Cœlius a quelque chose de vif et de franc, qui donne bien l’idée des qualités que les anciens admiraient dans ses discours écrits. Pompée est fort maltraité dans ces lettres. Cœlius pousse l’irrévérence jusqu’à le traiter quelque part d’imbécile ; et il fait tout ce qu’il peut pour détacher Cicéron d’un tel homme. Il compare le génie de César à l’incapacité de Pompée ; il prédit ce qui doit arriver, et ce qui arriva en effet, la rupture prochaine des deux rivaux, la guerre civile inévitable, la défaite de Pompée, plus inévitable encore. Mais Cœlius perdait sa peine, en travaillant à convertir aux règles vulgaires de l’intérêt bien entendu cette âme généreuse qui ne calculait pas, et dont toutes les fautes eurent leur source dans un excès de désintéressement.

Cicéron , Quintilien , et l’auteur même du Dialogue des Orateurs, s’accordent à faire l’éloge du talent oratoire de Cœlius. a Tant qu’il suivit mes conseils, dit Cicéron *, aucun citoyen ne défendit, avec plus de fermeté qu’il ne le fit dans son tribunat , la cause du sénat et des gens de bien , contre les fureurs populaires et l’audace insensée des méchants. Une éloquence brillante et noble , pleine surtout d’agrément et d’urbanité , secondait ses efforts oratoires. II prononça plusieurs harangues d’une grande force , et trois accusations

t. Bruttts, paragraphe 79.

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LES CORRESPONDANTS DE CICÉRON. Ï8b

très-vives, toutes pour la défense de la république. Ses plaidoyers, quoique inférieurs aux discours dont je viens de parler, ne sont pourtant ni méprisables ni dénués de mérite. » Gœlius était déjà mort quand Cicéron rendait de lui ce témoignage. Quintilien répète la même chose, et avec des termes empruntés à Cicéron. Il cite quelques courts passages des discours de Cœlius. 11 y en a un qui est fort remarquable , et qui prouve que cet orateur savait tracer, au besoin, des tableaux saisissants et énergiques. C’est la description d’une orgie de Caïus Antonius, celui qui avait été le collègue de Cicéron, et qui fut accusé plus tard, par Cœlius, de complicité dans le crime de Catilina. Cicéron , en écrivant sa seconde Philippique contre l’autre Antoine, semble s’être souvenu des pages admii’ables écrites autrefois par son jeune émule. L’auteur du Dialogue des Orateurs convient qu’il y a, dans les discours de Gœlius, des parties qui méritent de plaire. Une telle concession , faite par l’implacable ennemi de la vieille éloquence latine, est la preuve la plus manifeste des qualités que Gœlius avait déployées dans ces œuvres oratoires , dont il ne reste pas même tous les titres.

Hirtiu» (AuIum).

Hirtius est célèbre par sa mort à la bataille de Modène. Après le meurtre de César, il exprima vivement son opinion sur les fautes politiques de Brutus et de Cassius, sur leur départ d’Italie , sur leur appel aux armes. Nous avons une lettre écrite d’un style singulier, où il ne leur épargne pas le blâme. Mais, nommé consul avec Pansa, il se dévoua sans réserve à une cause qu’il avait d’abord condamnée. Hirtius avait été un des meilleurs lieutenants de César. C’est à lui que quelques-uns attribuent le huitième livre des Commentaires, et les deux livres sur la guerre d’Alexandrie et sur la guerre d’Espagne, qu’on joint comme complément à l’ouvrage. On se souvient que c’est pour plaire à Hirtius que Cicéron écrivit le traité du Destin.

■.ttccélua (l.uclu«).

Luccéius a reçu de Cicéron les plus grands éloges, comme

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