‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 168 sur 397 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

Mnlplclua (Merviaa 8«lp. S.emoDla Rnfua).

La neuvième Pliüippiqu£ de Cicéron est un bel éloge de Servius Sulpicius, considéré comme homme d'État et comme citoyen. J’ai dit que Sulpicius avait été chargé par le sénat d’aller porter à Antoine des propositions d’accommodement, et qu’il était mort en chemin, avant d’avoir pu remplir sa mission. Quelques années auparavant, Cicéron, dans le Brulus, avait déjà- dignement loué Sulpicius, jurisconsulte, orateur et écrivain : « Quant à Servius, tu le juges très-bien ; et je vais dire tout ce que je pense de lui. Jamais personne, selon moi, n’étudia avec plus d’ardeur et l’art oratoire et toutes les sciences qui méritent l’estime des hommes. Notre jeunesse fut consacrée aux mêmes exercices. Plus tard, il partit avec moi pour Rhodes, afin de perfectionner son talent et son instruction. Â son retour, il a mieux aimé, je crois, être le premier dans le second des arts, que le second dans le premier. Peut-être eût-il marché de pair avec les princes de l’éloquence ; mais il a préféré, et son ambition a été couronnée de succès, être le prince des jurisconsultes : il a laissé bien loin derrière lui ses contemporains et ses devanciers.... Sulpicius a joint à une science profonde la connaissance de la littérature et une élégance de style qui brille partout dans ses écrits, qui sont des œuvres sans égales ^ » Sulpicius avait laissé, dit-on, cent quatre-vingts livres sur des questions de droit. On en trouve encore des passages dans Âulu-Gelle et dans d’autres auteurs anciens. U n’avait écrit que trois de ses discours; mais ces trois discours, selon Quintilien, sufGsaient pour lui assurer une belle réputation d’orateur. Il en reste à peine quelques mots; mais nous pouvons juger du style de Sulpicius par ses lettres à Gicéion. 11 y en a une qui est fameuse, c’est celle qu’il écrivit de Grèce k son ami, en apprenant la mort de Tullie. Ce n’est pas précisément une vive sensibilité qu’il y faut chercher ; et les consolations qu’il adresse au père infortuné n’ont pas dû être un baume bien efficace pour calmer

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