CHAPITRE XVIII, — VARRON
mort n’est nouvelle à personne , mais on la croit telle : elle embrasse la vie des deux côtés. — Larmes d’héritier et de jeune mariée, rire déguisé. — Qui sait également toute chose ne sait rien. — On ne sait rien parfaitement. — Apprendre est un héritage, inventer est un gain. — Où qu’il aille, l’homme de cœur porte sa patrie après lui ; tout ce qui est sien, son âme l’enferme. ».
Varron excellait dans le choix des titres. Tantôt il inscrit en tête de sa ménippée une maxime philosophique ou un proverbe j tantôt c’est un nom mythologique , comme les Euménides, Méléagre, etc.; plus souvent, c’est un trait â l’adresse des philosophes. Les Ménippées étaient, avant tout, des protestations contre les extravagances de la plupart des écoles. Varron est, sous un certain rapport, le précurseur de Lucien. Son bon sens n’admettait rien d’extrême; et les sectes les plus opposées avaient également leur contingent de réfutations et de railleries. C’est aux épicuriens, par exemple, qu’était adressée la satire intitulée Combat des Chèvres; les stoïciens et leurs rêveries cosmogoniques avaient leur affaire dans la Cuiller à pot du monde; Gare aux chiens! n’annonçait rien de bon pour les cyniques. On a pu relever jusqu’à quatre-vingt-seize titres de Ménippées. Charles Labitte remarque qu’aucun de ces titres n’est banal, et que d’ordinaire une intention très-mordante se trouve tapie sous ces enseignes, mi-parties grecques, mi-parties latines. Il n’est pas téméraire de dire que les satires elles-mêmes répondaient généralement à la spirituelle malice de leurs titres. Ce n’est pourtant pas une raison pour compter Varron parmi les satiriques proprement dits. Varron ne forme pas plus transition entre Lucilius et Horace, que Sénèque et Pétrone entre Horace et Perse, malgré le Satyricon et VApocolokyntose. U Apocolokyntose et le Satyricon procèdent des Ménippées, les Ménippées de la sature : c’est la satire sous une autre forme; c’est un genre parallèle, mais non similaire ; et les Romains ont réservé exclusivement le nom de satire à la satire fixée par Imcilius, et le nom de satiriques à Lucilius, à Horace, à Perse, à Juvénal.
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