Salluste, /ugfueMu , chapitres xxxiu , xaxrv
cher dans le petit livre, ou plutôt dans l’élégante table de matières que nous avons sous le nom de Cornélius Népos. Si ces Vies des excellents Capitaines étaient l’image complète du talent et de l’esprit de cet historien, nous serions bien forcés de reléguer Cornélius h une immense et presque infinie distance de Salluste et de César, tout en reconnaissant ses estimables qualités d’écrivain. Mais tout semble prouver que l’ouvrage, sous sa forme actuelle, n’est qu’un extrait et un abrégé de l’ouvrage original. On pense qu’un certain Émilius Probns, qui vivait sons le règne de Théodose , en a été l’arrangeur. Ce Probus est même désigné comme l’auteur des Vies, et dans les manuscrits, et dans la dédicace en vers latins qui ouvre le volume. Mais le style et la diction n’ont rien de commun , ou presque rien, avec ce qu’on écrivait au quatrième siècle. Probus n’y est que pour quelques solécismes , pour quelques constructions bizarres, pour quelques mots inconnus dans l’âge d’Auguste. En général, Probus n’a fait que tailler et retrancher : il interpole rarement. Il respecte presque partout la langue de Cornélius et les belles formes de la latinité classique. On dirait qu’il a voulu offrir à la jeunesse des écoles tout à la fois un manuel d’histoire et un modèle de bon goût et de bon style. La narration , réduite trop souvent à une excessive sécheresse , a pourtant çà et là des parties remarquables et suffisamment développées. Les judicieuses réflexions qui parsèment ces récits ont été sans doute conservées textuellement et sans altération. En un mot, le livre n’est pas dénué de tout intérêt. Mais quelle différence de ce qu’il est à ce qu’il a dû être ! La Vie de Caton l’ancien et la Vie d'Auicus nous en disent quelque chose. Ces deux écrits, surtout la Vie d’Alticus, diffèrent prodigieusement des autres biographies, à la suite desquelles nous les lisons dans les manuscrits et dans les éditions de Cornélius. L’étendue, ici, est raisonnable, et les détails ne font plus défaut. Les récits ont pris couleur et lumière. Dans la Vie de Caton, il y a çà et là des lacunes ; mais ce qui reste n’a rien de sec ni d’étriqué. Quant à la Vie (TAtticus, c’est un morceau de mmtre, travaillé avec le plus grand soin, et que ne désavouerait pas, j’imagine, Salluste ni César même. La