Virgile, Géorgiques^ livre III, vers 4 et suivants
LUCRÈCE ET CATULLE. 373
avec quelle verve n’a-l-il pas reproduit la pensée et le mouvement de la composition originale !
Catulle a pris plus d’une fois Sappho pour modèle, La belle ode à sa maîtresse ; « Celui-là me paraît être l’égal d’un dieu, etc., » est empruntée à celle de Sappho que nous lisons encore dans le traité du Sublime. Cette traduction ou cette imitation n’est pas la moins admirable des œuvres de Catulle. Le poêle latin a naturalisé dans sa langue, avec non moins de bonheur, deux épithalames, bien supérieurs, selon moi , à V Épithalamc de Pelée el de Thélis , et qu’on s’accorde à regarder comme des poèmes de Sappho. H y a, dans ces épithalames, une grande vérité d’images, une extrême simplicité de ton, un abandon plein de grâce, en un mot cette facilité et ce charme, celte élégante sobriété, toutes ces qualités qui distinguaient, au jugement des anciens, les productions de la poétesse lesbienne. Je citerai seulement un court passage, que le lecteur pourra rapprocher d’un de ceux que j’ai transcrits ailleurs, quand je parlais de Sappho ; « Comme dans un champ sans culture croît une vigne solitaire : jamais elle ne s’élève, jamais elle ne nourrit de grappes vermeilles; mais, pliant sous le poids qui l’affaisse, elle penche languissamment son corps ; elle touche sa racine de l’extrémité de ses rameaux. Aucun laboureur, aucim bœuf ne l’ont cultivée. Mais, s’unit-elle à l’ormeau son époux, laboureurs, bœufs la cultivent à l’envi. Ainsi la jeune fille, tant qu’elle reste étrangère à l’amour, se fane abandonnée ; et lorsque , mûre pour l’hymen, elle forme les nœuds d’une heureuse alliance, elle est adorée d’un époux , et elle n’est que plus aimée de son père '. »
Citatlonti.
Les poésies romaines de Catulle ne sont pas toutes ce que nous nommons des épigrammes. Il y en a qui sont plutôt des espèces de madrigaux : ainsi les vers au Moineau de Lesbie, la Complainte sur la Mort du Moineau, etc. Il y en a d’autres qui sont tout simplement de beaux vers , des pièces fugitives , comme nous dirions , et qui ne rentrent dans au-