CHAPITRE XXV
tière à chanls épiques : toute époque quelconque n’est pas matière à épopée. Il faut ou le fait mémorable qui la caractérise , ou l’homme en qui , pour ainsi dire , elle s’incarne , ou l’idée qui est son originalité et sa grandeur. Névius et Ennius avaient le talent; ils n’ont manqué ni d’inspiration ni de verve : donnez-leur un sujet bien circonscrit; faites qu’ils nous peignent une époque placée dans un majestueux lointain, et qui paraisse, à cette distance, toute pleine de merveilles; faites qu’ils aient un vrai sujet d’épopée : je ne dis pas qu’ils seront des Homères , mais nous ne contesterons plus à leurs poëmés un titre que les anciens attribuaient en générai à la narration versifiée. Névius et Ennius sont des épiques à la manière de la plupart des héritiers d’Homère, de ceux qui prenaient pour sujet l’histoire entière des exploits d’un héros, toute la vie d’Hercule, par exemple, ou de Thésée.
SncceiiseurB épique* d'CnnIua.
Il n’est guère douteux que Névius et Ennius n’aient eu •des émules parmi leurs contemporains, et qu’après eux, plus d’un poète n’ait essayé de marcher sur leurs traces. Mais nous ne pouvons citer avec certitude aucun nom de poète épique, aucun titre d’épopée, ni dans leur siècle, ni dans le siècle qui les suivit. Nous pourrions du moins nommer quelques hommes qui travaillèrent à perfectionner le style et la versification de l’épopée. Ce sont ces traducteurs d’Homère qui reprirent l’œuvre autrefois tentée par le \-ieux livius Ândronicus. Ainsi ce Lévius dont les vers sont cités fréquemment sous le nom du poète de Tarente.
ConlcmporalDs de César.
Même en descendant jusqu’au temps où vivait César, que trouvons-nous? tout d’abord deux traducteurs : Matius, ce même Matius que nous connaissons déjà, qui avait mis V Iliade en vers ïambiques; Varron de l’Atax, que nous connaissons aussi, qui avait mis en latin les Argonautv}ve$ d’Apollonius de Rhodes. Il est vrai que Varron essaya de l’épopée originale : il écrivit un poème sur la guerre de César contre les Séquanais. Nous ignorons ce qu’était