‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 286 sur 397 · Martial, Épigrammes, livre 111, épigramme · texte numérisé non relu

Martial, Épigrammes, livre 111, épigramme

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PHÈDRE

bère, comme quelques-uns le veulent; car Phèdre, racontant quelque part un trait où le premier, le vrai Auguste, fut acteur, déclare que la chose s’est passée dans un temps dont il a mémoire. Sous Tibère, Phèdre est homme mûr, et déjà écrivain. Séjan le persécute, parce qu’il a cru se reconnaître dans quelqu’un des portraits peu flattés que le poète traçait des ambitieux et des scélérats. D’autres que Séjan, blessés aussi, à ce qu’il paraît, d’allusions plus ou moins piquantes, lui font sentir, comme il le dit, qu’il en coûte cher à un plébéien pour murmurer tout haut. Malgré la condamnation peut-être sévère que Séjan fit porter, ou même porta, contre lui ; malgré l’inimitié de tous ceux qu’il accuse de lui en vouloir, Phèdre parvint à un grand âge, car nous le voyons, -jusque sous Claude, dédier des fables à Particulon et à Philétus, deux des affranchis qui gouvernaient ce prince imbécile.

Originalité de Phèdre.

J’ai remarqué, à propos d’Horace, que Phèdre n’était pas le premier des Latins qui eût excellé dans l’apologue. Ce qui le distingue d’Horace et de ceux qui, peut-être avant Horace, avaient écrit des fables, c’est qu’il cultive la fable pour ellemême, c’est'qu’il est purement et simplement fabuliste, qu’il ne veut être que fabuliste. D’ailleurs, il applique à la fable un mètre analogue à celui dont se servaient les fabulistes grecs. Ceux-ci , comme on sait, écrivaient en vers scazons, c’est-à-dire en vers ïambiques terminés par un trochée : Phèdre écrit en vers ïambiques proprement dits, en vers senaires, comme parlaient les Latins. Seulement il se permet toutes les libertés que se donnaient de tout temps les poètes de Rome : bien souvent il manque à la règle des trois ïambes aux pieds pairs ; et il lui arrive même de n’avoir quelquefois d’ïambe qu’au dernier pied. Aussi sa poésie, toutes les fois qu’elle n’est pas soutenue par les images, se rapproche-t-elle singulièrement de la prose.

Quoi qu’il en soit, les quatre-vingt-dix apologues de Phèdre sont un des plus précieux monuments de la littérature latine. Parmi ces apologues, le plus grand nombre

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