CHAPITRE XXXII
liES SËi\ÈQUE.
Sénèque le père. — Ouvrages de Sénèque le père. — Sénèque le philosophe (Lucius .\nnæus Seneca). — Philosophie de Sénèque. — Juge- * ment <le Quintilien. — Catalogue des ouvrages philosophiques de Sénèque. — Lettres à Lucilius. — Authenticité des Tragédies de Sénèque. — Jugement sur les Tragédies de Sénèque. — L’Apocolokintose.
Sénèque le père.
Phèdre, avec ses qualités et ses défauts, ne pouvait avoir, sur les directions de la littérature contemporaine, qu’une influence à peu près insensible. Ce n’est pas le spectacle des vertus modestes qui provoque les hommes à l’héroïsme ; ce ne sont pas les petits vices et les petits travers du premier venu qui corrompent les mœurs de tout un peuple. De même, pour ramener les esprits à une discipline sévère, ou pour les précipiter sur la pente où se perdent le goût et la raison, il faut d’éclatants exemples, il faut des œuvres puissantes, de grands efforts ou de grands écarts, qui saisissent vivement les imaginations. Phèdre n’offrait aux Romains que des compositions d’un ordre secondaire, que la poésie du bon sens; et ses peccadilles n’avaient rien qui pût beaucoup nuire. On aimerait à croire qu’il jouit, durant sa vie, d’une véritable renommée : il le donne assez à entendre, par la complaisance avec laquelle il nous entretient de ses ennemis et de ses envieux. Mais tout semble prouver que cette renommée se réduisait à une de ces honnêtes réputations qui permettent très-bien que ceux qu’elles décorent soient des inconnus pour les trois quarts du genre