‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 30 sur 397 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

funèbres, dès le temps de Caton, étaient en grand nombre, et la véracité n’était pas ce qu’on y prisait le plus. Les panégyristes d’ailleurs, comme ceux de tous les siècles, songeaient infiniment plus attx satisfactions de la vanité des familles qu'aux intérêts sérieux de l’histoire. Ils ne se gênaient pas même, dit-on, pour inventer de faux consulats et de faux triomphes, afin de grandir aux yeux le défunt ou sa race. Il ne reste, de toute cette littérature funéraire, que le souvenir du discours de Q. Gécilius Métellus en l’honneur de son père, et celui du discours de Q. Fabius Maximus en l’honneur de son fils.

Pline l’Ancien s’exprime quelque part comme il suit : H Q. Métellus, dans l’oraison funèbre de son père L. Métellus, qui avait été pontife, deux fois consul, dictateur, maître de la cavalerie, qnindécemvir pour la distribution des terres; qui le premier avait conduit des éléphants en triomphe, durant la première guerre Punique; écrit en propres termes que les dix choses les plus grandes et les meilleures, à la recherche de quoi les sages usent leur vie, son héros les eut au degré suprême. Il avait voulu, en effet, être un grand guerrier, un excellent orateur, le plus brave des généraux; les plus mémorables exploits s’étaient accomplis sous ses auspices ; il avait été comblé d’honneurs ; il ne le cédait en sagesse à personne; il passait pour un sénateur consommé ; il avait fait une fortune considérable par d’honnêtes moyens ; il avait laissé de nombreux enfants ; ses concitoyens l’avaient tenu dans la plus haute estime : tous ces biens, lui seul les avait eus en partage, et nul autre depuis la fondation de Home '. » Certes, le vainqueur de Panorme était digne d’être célébré à l’égal des plus grands citoyens de Rome, et le fils d’un tel père pouvait rappeler avec orgueil son génie, sa sagesse et son bonheur; mais qui pourrait dire que Q. Métellus ne s’était pas un peu trop livré aux tentations naturelles du genre épitaphe, l'exagération et l’emphase t

Le discours de Fabius Maximus n’avait pas ces défauts, et

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