‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 31 sur 397 · Pline, Histoire nain relie, livre VU, cliapilre xu · texte numérisé non relu

Pline, Histoire nain relie, livre VU, cliapilre xu

ne pouvait guère les avoir. Le Temporiseur était, avant tout, un homme sensé, grave et sévère. Le fils qu’il avait perdu était assez avancé en âge pour qu’on pût louer en lui mieux que d’heureuses espérances ; mais le père fut éloquent, rien qu’à laisser parler sa douleur, et à exprimer quelques nobles idées morales. Cicéron fait dire à Caton, dans un de ses dialogues : « Je connais de cet homme beaucoup de choses très-belles; mais ce qui est surtout admirable, c’est son courage à la mort de son fils Marcus, d’un fils illustre et déjà consulaire. L’éloge qu’il prononça est dans toutes les mains : en le lisant, quel philosophe ne méprisons-nous pas ‘ ? » C’est au Forum, devant le peuple assemblé, que Fabius paya ce tribut aux vertus de son fils. Le jugement de Plutarque sur l’éloquence de Fabius prouve que Cicéron a pu prêter à Caton, sans trop d’hyperbole, les paroles que j’ai transcrites tout à l’heure : « Il s’appliqua à l’éloquence, mais à un genre d’éloquence qui répondît à toute sa vie, à son caractère. Ces ornements, cet éclat léger et frivole qui n’a de mérite qu’aux yeux de la foule, étaient bannis de ses discours : on n’y trouvait que le bon sens qui lui était naturel, que l’abondance et la profondeur des pensées; ce qui faisait comparer ces discours aux harangues de Thucydide’. » Je ne conclurai pas, du rapprochement indiqué par Plutarque, que Fabius fût un émule volontaire des Grecs, et, comme dirait Cicéron, un thucydidien; mais, pour qu’on lui fît l’honneur de le comparer à l’incomparable, il fallait bien qu’il y eût en lui une ombre au moins des qualités du sublime modèle.

Cornélius CétKégus.

Cicéron, dans le Brutus, cite quelques vers du poème des Annales, sur un orateur contemporain de Fabius, qui semble avoir été doué, lui aussi, de qualités éminentes. Cicéron admet pleinement et la compétence d’Ennius pour le juger, et la sincérité du jugement qu’Ennius en porte, et

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